Des Saoudiennes participent pour la 1ère fois à un marathon

 Des Saoudiennes participent pour la 1ère fois à un marathon

1500 femmes ont participé au marathon de la ville d’Al Ahsa


Conduire, aller dans les stades, et maintenant courir. L'Arabie Saoudite assouplit ses lois en faveur des femmes. Pour la première fois dans l’histoire du royaume, 1500 femmes venant de tout le pays ont pris part, ce samedi 3 mars au "marathon" de la ville d’Al Ahsa. A la place des 42 kilomètres habituels, elles n'ont couru que 3 kilomètres à travers la ville, mais le symbole est énorme.


Selon le média Al Arabiya, l’engouement était d’une telle ampleur que le comité organisateur a dû clôturer les inscriptions dans les heures suivant l’annonce du "marathon". 



La première place a été remportée par Mizna al-Nassar, une Saoudienne de 28 ans qui a terminé la course en 15 minutes, devant Anda Jce, une coureuse américaine, et la taïwanaise Sang Sun. 



L’Arabie saoudite commence donc à s’ouvrir progressivement à la pratique sportive des femmes. En 2012 à Londres, la judoka Wojdan Shaherkani et l’athlète Sarah Attar avaient été les premières Saoudiennes de l’histoire à participer aux Jeux olympiques. Quatre ans plus tard, l’escouade avait doublé à Rio.



Les autorités ont choisi d’ouvrir à leurs citoyennes les salles de sport ainsi que certains stades. En février 2016, les femmes ont d’abord été autorisées à prendre des licences dans des clubs de gym du pays.


Au mois de juillet, le ministère de l’Education a décidé d’introduire la pratique du sport en milieu scolaire pour les jeunes filles. Depuis le 1er janvier, les Saoudiennes peuvent également assister, au sein de sections réservées, à des manifestations sportives dans trois enceintes situées à Jeddah, Dammam et Riyad.



En octobre dernier, la princesse Rima Bent Bandar Ben Sultan est devenue la première femme à diriger une fédération sportive, la fédération omnisports. Quelques semaines auparavant, les Saoudiennes avaient enfin été autorisées à conduire grâce à un décret signé par le roi Salman.



« Le roi Salman a compris l’impact global du sport en termes d’image de marque du pays, ayant vu cela mis en œuvre avec succès aux Emirats arabes unis et au Qatar qui ont mis en place bien plus tôt une stratégie d’organisation d’événements sportifs, a analysé Mahfoud Amara, professeur en politique et management du sport à l’université du Qatar à nos confrères du Monde. Il envoie le message que l’Arabie saoudite commence une nouvelle page dans sa stratégie de développement, plus ouverte à la modernité et aux normes internationales. »


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.