A Londres, un bébé de 3 mois, soupçonné de terrorisme, interrogé à l’ambassade des Etats-Unis

 A Londres, un bébé de 3 mois, soupçonné de terrorisme, interrogé à l’ambassade des Etats-Unis


La procédure, rien que la procédure !  On a encore du mal à croire que c'est vrai, qu'il ne s'agit pas d'un gag. Et pourtant, l'histoire a vraiment eu lieu. Un bébé de 3 mois a passé plusieurs heures en salle d'interrogatoire à l'ambassade des Etats-Unis à Londres, soupçonné de terrorisme, rapporte sérieusement le quotidien britannique The Guardian ce lundi 17 avril. 


Paul Kenyon, 62 ans, le grand père, au moment de remplir une demande de visa pour les Etats-Unis pour son petit fils Harvey, s'est trompé en cochant la case "Cherchez-vous à vous engager ou avez-vous été engagé dans des activités terroristes, d’espionnage, de sabotage ou de génocide ?". La famille comptait se rendre à Orlando, aux États-Unis pour les vacances. 



On en aurait pu en rester là mais l'histoire ne fait que commencer.  Le bébé, originaire du nord de l'Angleterre, est convoqué jusqu'à l'ambassade américaine à Londres. Un voyage aller-retour de plus de 9 heures, soit presque autant qu'un Londres-Orlando, note le quotidien britannique.


Une fois en salle d'interrogatoire, le petit "suspect" a été extraordinaire et "n'a pas pleuré une seule fois", raconte Paul Kenyon, avouant avoir pensé habiller son petit fils en combinaison orange de prisonnier pour l'occasion. "Ils (les membres de l'ambassade) ne semblaient pas avoir le sens de l'humour".


"C'est évident qu'il n'a jamais été engagé dans un génocide ou dans une affaire d'espionnage. Il a saboté plusieurs couches, mais j'ai préféré ne pas en parler à l'ambassade américaine", plaisante-t-il.



Le grand-père a encore du mal à se rendre compte de ce que lui et surtout son petit-fils ont subi. "Je n'arrive pas à croire qu'ils n'ont pas compris que c'était une erreur et qu'un bébé de 3 mois était incapable de nuire". 


Une mésaventure qui a un coût, puisque le bébé et ses parents ont été obligés de prendre un autre vol pour Orlando. Un changement de planning à 3 500 euros. Et le grand-père de conclure : "Si vous êtes un terroriste, je pense que vous ne cochez pas cette case, de toute façon !"


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.