« Ce que je peux dire, c’est qu’elle pratiquait un islam du juste milieu. Un vrai islam: pas celui des terroristes. », Hamza, fils d’une victime de l’attentat de Nice

 « Ce que je peux dire, c’est qu’elle pratiquait un islam du juste milieu. Un vrai islam: pas celui des terroristes. », Hamza, fils d’une victime de l’attentat de Nice


Doit-on le rappeler ? Une fois de plus, le terrorisme frappe sans distinction de race, de religion, de nationalité et d'âge. Hamza, 28 ans, a perdu sa mère, Fatima Charrihi, une Niçoise, mère de sept enfants, morte sur le coup le soir du 14 juillet dans l'attentat de Nice.


Dans la nuit de jeudi à vendredi 15 juillet, un homme au volant d’un camion blanc a foncé dans la foule, rassemblée sur la très populaire promenade des Anglais pour les traditionnelles festivités du 14-Juillet. Il a renversé les personnes se trouvant sur son chemin sur une distance de deux kilomètres. 84 personnes ont trouvé la mort, dont plusieurs enfants, et 18 blessés se trouvent toujours en « urgence absolue », selon le dernier bilan du ministère de l’intérieur.



Ce jeudi soir, Hamza et son père sortent du CUM, le centre universitaire méditerranéen de Nice, transformé en refuge pour les proches des victimes. Le bâtiment, donnant sur la promenade des Anglais, est protégé par la police nationale, comme le rapporte le site l’Express. "C'était la première victime. Il n'y avait pas d'autres cadavres avant elle…", a déclaré à nos confrères la voix remplie d’émotion le jeune homme.


Lors du drame, Ahmed, le mari de la victime était à une cinquantaine de mètres, à hauteur du grand hôpital de Lenval. "J'étais devant pour récupérer la voiture", a précisé l'homme, sous le choc en évoquant ce camion qui faisait voler les gens "comme des chiffons" et a réduit "les bancs en miettes."


"Elle était avec ses neveux et nièces. Mon frère a essayé de la ranimer. Mais elle est décédée sur le coup nous ont dit les médecins", raconte Hamza. 

Le jeune homme, orienté vers la maison pour l'accueil des victimes dans le centre de Nice, évoque "une maman extraordinaire. Ce que je peux dire, c'est qu'elle portait le voile, pratiquait un islam du juste milieu. Un vrai islam. Mais ce n'est pas celui des terroristes."


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.