Le maire de Tel-Aviv attribue l’attaque meurtrière contre un café à l’occupation israélienne

 Le maire de Tel-Aviv attribue l’attaque meurtrière contre un café à l’occupation israélienne

Le maire de Tel-Aviv


 


Il faut du courage pour tenir de telles déclarations. Pour le maire de Tel Aviv, Ron Huldaï, l’attaque meurtrière perpétrée par deux Palestiniens, originaires d’El Khalil (Hébron) survenue dans un café de Tel-Aviv ce mercredi 8 juin, où quatre personnes ont trouvé la mort, est en partie due à l’occupation israélienne. 


 


« Nous sommes sans doute le seul pays au monde, où une autre nation est sous occupation sans aucun droit civique », a-t-il déclaré ce jeudi 9 juin à la radio militaire israélienne. « Vous ne pouvez pas maintenir les gens dans une situation d’occupation et espérer qu’ils vont conclure que tout va bien », a renchéri le maire travailliste. Ron Huldai a ajouté que « personne n’a le courage » de faire la paix avec les Palestiniens et il a insisté pour que les dirigeants israéliens s’emploient à tenter de conclure un accord lorsque les attaques se seront calmées. Pour lui, « personne n'a le courage de faire un pas pour tenter d'arriver à une sorte d'accord ». 


« Il y a eu une occupation qui dure depuis 49 ans, dont j'ai fait partie, et dont je connais la réalité, et je sais que les dirigeants ont besoin de courage pour ne pas se contenter de parler » a encore precisé Ron Huldaï. « Nous devons montrer à nos voisins que nous avons véritablement l’intention de revenir à une réalité avec un État juif plus petit, avec une nette majorité juive. » Sans surprise, les déclarations du maire de Tel Aviv ont provoqué de vives réactions d’indignation. 


Beaucoup d’internautes se demandent comment « un tel traître à son peuple a pu être élu à la tête de Tel-Aviv ». Sandy espère « qu’on le butera hors de la mairie aussi vite que possible ». Pour Michel, « ce maire trahit son pays, il doit démissionner et être déchu de sa nationalité. C’est un idiot qui a de la chance de ne pas avoir d'enfants présents lors de l’attaque ». Léon, homophobe assumé, conseille à « cette grosse merde de s’occuper de ses PD ». Tel Aviv est connue dans le monde entier pour sa Gay Pride, l’un des plus gros événements de la ville. 


Dans le même temps, Aymen Odeh, à la tête de la Liste commune israélo-palestinienne, a déclaré que l’incident était un « coup terrible pour les civils ». « Mes pensées vont aux familles. Une attaque contre des innocents est toujours répréhensible, il ne peut y avoir aucune justification au fait de tirer sur des civils dans la rue », a-t-il déclaré. Aymen Odeh a précisé que l’actuel gouvernement israélien de coalition d’extrême-droite a contribué à une « aggravation de la haine et de la violence ».


D’autres membres de la liste commune d’Odeh se sont joints aux condamnations de l’attaque, mais ils ont aussi critiqué une « punition collective immorale contre les Palestiniens » de la part du gouvernement israélien en réaction à l’attaque. « Nous rejetons les attaques contre les civils quelles qu’elles soient. Un tel acte ne fait pas avancer les droits des Palestiniens », ont déclaré Ahmed Tibi et Oussama Saadi dans une déclaration commune.


Une des premières réactions d’Israël face à l’attaque a été de révoquer des dizaines de milliers de permis d’entrée de Palestinien. Le COGAT, l’unité du ministère de la Défense qui gère les affaires civiles en Cisjordanie, a indiqué que 83 000 Palestiniens seraient concernés. Les deux parlementaires de la Liste commune ont jugé que la « punition collective » des Palestiniens pour les attaquants de Tel-Aviv ne résoudrait pas le problème, ajoutant que « seul le fait de mettre fin à l’occupation apportera la paix ».


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.