Ken Loach présent à la soirée d’ouverture du Festival Ciné Palestine

 Ken Loach présent à la soirée d’ouverture du Festival Ciné Palestine

Le réalisateur britannique Ken Loach présent à la soirée d’ouverture du Festival Ciné Palestine


 


C'est reparti. Il y a un an, le festival Ciné Palestine qui a pour but de promouvoir la richesse du cinéma palestinien, voyait le jour. La soirée d’ouverture ce lundi 23 mai, affiche complet depuis plusieurs jours déjà. Elle aura lieu à l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris… en présence de Ken Loach, qui a confirmé sa venue aux organisateurs du festival dans la matinée. Le réalisateur britannique,  fraîchement récompensé au festival de Cannes où il a remporté la Palme d'Or avec "Moi, Daniel Blake", assistera avec les autres spectacteurs à l’avant-première parisienne de "3000 Nuits" de Mai Masri.


 


"Je suis très fière de venir présenter mon film ici à Paris, dans une ville où j'ai vécu", a déclaré la réalisatrice palestinienne lors de la conférence de presse de ce matin organisée à la mairie du 2ème et largement boudée par les journalistes, malgré la présence de plusieurs personnalités du cinéma (Robert Guediguan, Hala Alabdalla, Licia Eminenti, Michel Khleifi, Rana Alamuddin, etc…).


Le film projeté ce soir retrace l’histoire de cette institutrice palestinienne qui met au monde un garçon dans une prison israélienne. Une naissance qui va lui permettre de trouver les ressources nécessaires pour survivre. "3000 Nuits" sera diffusé de nouveau le 3 juin à Aubervilliers. 


L’Institut du monde arabe accueillera également le 30 mai le film "The Idol" de Hany Abu-Assad, une exclusivité hexagonale : un film pas encore projeté en France.


L'année dernière, le Festival Ciné Palestine avait réuni en neuf petits jours 1500 spectateurs. Pour sa deuxième édition qui débute donc ce lundi 23 mai et qui se clôturera le 5 juin, les organisateurs, un collectif de bénévoles, ont mis la barre plus haute.


Cette année, les spectateurs pourront assister à 31 films dans trois lieux différents : à Paris, à l’Institut du monde arabe (IMA) et au cinéma Le Luminor ; en banlieue, à Saint-Denis (université Paris 8) et au cinéma Le Studio à Aubervilliers.


« Les films proposés et leurs auteur-e-s abordent tous les thèmes, souvent avec une touche d’humour et une sensibilité un peu décalée qui donnent une force visuelle et émotionnelle aux histoires qu’ils ou elles portent, dans le documentaire comme dans la fiction », détaillent les responsables de ce festival indépendant, financés grâce aux dons des particuliers, mais aussi avec l’aide du réseau associatif.


Un festival que « les institutions classiques daignent pour l’instant soutenir »,regrettent les responsables. « Nous ne sommes pas résignés et on espère que la pérennité de cet événement saura les convaincre ». 


Un festival unique en son genre en France parce qu’il est dédié intégralement à la Palestine et soutenu par des cinéastes de renom, comme les réalisateurs Costa-Gavras, Tony Gatlif, Eyal Sivan, Ken Loach, Michel Khleifi, ou Robert Guédiguian, la réalisatrice, Licia Eminenti, les actrices Elli Medeiros et Rana Alamuddin, ou encore l'ancien footballeur, devenu acteur Eric Cantona.  


Cette année, le festival Ciné-Palestine innove également, avec un important focus « Archives et Mémoire », organisé en collaboration avec le département cinéma de l’université Paris 8 de Saint-Denis. « Au travers de projections, de débats et d’une table ronde, il traitera des archives du cinéma palestinien, des difficultés de leur inventaire et de leur conservation, ainsi que du lien entre cinéma et mémoires historique, politique et culturelle des Palestiniens », détaille les organisateurs. 


Le festival se terminera le 5 juin avec la projection à Aubervilliers, du film « Le temps qu’il reste » d’Elia Sulieman, le portait de ces « Palestiniens de 48 », qu’on appelle plus communément « Les Arabes Israéliens », restés sur leurs terres au moment de la Nakba.  Un programme très riche pour le plus grand bonheur des spectateurs franciliens. 


 


Nadir Dendoune


Programme complet : http://festivalpalestine.paris/

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.