Le prestigieux prix du Global Teacher Prize remporté par une enseignante palestinienne

 Le prestigieux prix du Global Teacher Prize remporté par une enseignante palestinienne

Hanan al-Hroub


 


Le mérite, Hanan al-Hroub, enseignante palestinienne qui travaille au lycée Samiha Khalil à Al-Bireh près de Ramallah, en Cisjordanie occupée, l'incarne parfaitement. Dimanche 13 mars, elle a reçu le Global Teacher Prize, un prix doté d'un million de dollars qui récompense chaque année un éducateur ayant apporté une contribution exceptionnelle à sa profession.


 


Le mérite donc, surtout quand on sait qu'Hanan al-Hroub a grandi dans un camp de réfugiés palestiniens à Bethléem, où elle et ses enfants, comme l'immense majorité de ses concitoyens, ont parfois été exposés à la violence. Elle s'est ainsi spécialisée dans l'éducation d'enfants traumatisés par la violence.


Des centaines de Palestiniens s'étaient réunis devant un écran géant sur la place centrale de Ramallah pour assister à la remise du prix par la Fondation Varkey lors d'une cérémonie organisée à Dubaï. Lorsque son nom a été retenu parmi 11 candidats, la foule a crié sa joie et longuement applaudi.


"Je suis fière d'être une enseignante palestinienne", a-t-elle déclaré à la presse après avoir reçu son prix. "C'est une victoire pour tous les enseignants en général et les enseignants palestiniens en particulier".


Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a estimé qu'en remportant ce prix, "Hanane al-Hroub ne nous a pas seulement donné de l'optimisme et de l'espoir, mais aussi de la fierté".


Joint au téléphone par Xinhua, l'agence de presse chinoise, le ministre palestinien de l'Education Sabri Seidam a salué "un moment historique qui la récompense non seulement elle, mais aussi le peuple palestinien tout entier". Dans la Bande de Gaza, le Hamas, au pouvoir depuis 2007, a également félicité l'enseignante pour ce prix qui constitue "une grande fierté pour notre peuple".


"Les enseignants peuvent aider les jeunes esprits à se forger des valeurs et une morale afin que nous ayons un monde plus juste, plus beau et plus libre", a commenté Mme al-Hroub. "L'avenir peut parfois sembler loin et incertain, mais quand vous vous engagez à le construire, le monde s'illumine".


 


Nadir Dendoune

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.