Une musulmane venue en paix expulsée d’un meeting de Donald Trump

 Une musulmane venue en paix expulsée d’un meeting de Donald Trump


 


Rose Hamid a 56 ans. Elle est courageuse. Musulmane « ostentatoire », un foulard sur la tête, elle est venue ce vendredi 8 janvier à un meeting de Donald Trump, l’ultra favori pour représenter les Républicains à l’élection présidentielle américaine de 2016. 


 


Assise dans les gradins situés derrière le podium du candidat, elle avait accroché à son vêtement une étoile jaune marquée « musulmane ». Contrairement à tous les autres (les meetings de ce républicain sont désormais systématiquement interrompus par des manifestants, criant des slogans anti-Trump et agitant des pancartes jusqu'à être expulsés), Rose Hamid a décidé de venir en « paix », comme en témoigne le t-shirt vert qu’elle portait sur elle et où il était inscrit : « Salaam, je viens en paix ». Mais les choses ont vite tourné au vinaigre.


« C'est très vite devenu méchant, c'est effrayant », a confirmé à CNN Rose Hamid. Les images télévisées du meeting, qui avait lieu vendredi à Rock Hill en Caroline du Sud (sud-est), montrent une femme escortée vers la sortie par un policier, tandis que des partisans de Donald Trump agitent des pancartes et crient dans sa direction, avec véhémence pour certains.


L'action silencieuse de Rose Hamid est une réponse au discours anti-musulmans de Donald Trump, qui a proposé de fermer les frontières aux musulmans après les attentats de Paris (130 morts) et de San Bernardino (14 morts), commis par des jihadistes. "La haine contre nous est incroyable", a osé dire Donald Trump après l'expulsion de la manifestante. "C'est leur haine, pas notre haine".


Dire que Donald Trump a des réelles chances de l'emporter…et de devenir le prochain président américain.


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.