Arles : l’ancien opposant au FN Driss Bouhaja rejoint le parti de Marine Le Pen

 Arles : l’ancien opposant au FN Driss Bouhaja rejoint le parti de Marine Le Pen

Driss Bouhaja. VIAL CHRISTOPHE / La provence.com


 


Driss Bouhaja, 52 ans, candidat sans étiquette aux dernières élections municipales à Arles, où il avait récolté 1,90% des suffrages, avait été pourtant  très clair à l'issue du premier tour. « Au second, il faut faire barrage au Front national ». 18 mois plus tard, il a carrément changé d’avis et vient d’annoncer au journal La Provence qu’il rejoignait le rassemblement de Marine Le Pen. « Je ne veux plus me cacher », a-t-il déclaré. 


 


Pour tenter d’expliquer son geste, Driss Bouhaja rappelle que ce sont les membres du Front national local qui sont venus le chercher. « J'ai vu ce que faisait la gauche et j'ai vu ce que faisait la droite. Leurs élus, pour 90 % d'entre eux, font des promesses et n'agissent pas. Les citoyens, et j'en fais partie, en ont marre de se faire prendre pour des imbéciles. Aujourd'hui, je n'ai plus de parti, je regarde uniquement le projet d'un parti », a continué Driss Bouhaja. Et celui de Marine Le Pen lui plait bien apparemment. Enfin, pas tout à fait …


« Je tiens à préciser que je n'ai pas encore pris ma carte du parti. Mais je pense aujourd'hui qu'il faut laisser sa chance au FN, on ne l'a jamais vu en place. Arles est une belle ville mais elle est rentrée dans un mur et personne ne réagit. Quand on est en pleine mer, en train de se noyer, et que quelqu'un vous lance une bouée, on l'attrape. C'est ce que propose le FN. Ce parti est en train d'avancer alors que la gauche et la droite s'éloignent de la vérité », clame haut et fort le quinquagénaire.


La nouvelle prise du FN serait-elle un moyen de récupérer quelques voix « maghrébines » à Arles, dans une ville très métissée ? « Aujourd'hui, le Front national a compris que pour y arriver, il fallait qu'il se mette "dans le bain". Il sait que s'il n'a pas les Maghrébins avec lui, il ne pourra pas réussir », confirme à demi-mot Driss Bouhaja.


Craint-il les réactions de la communauté maghrébine ? Pas vraiment. Il a déjà préparé son discours. « Je leur dirai que je préfère quelqu'un qui me dise "Je ne t'aime pas" mais avec qui on peut discuter pour ensuite, peut-être le faire changer d'avis ; qu'une personne qui me dise "Je t'aime" quand elle a besoin de moi, qui me laisse grimper à l'échelle avec elle et qui, une fois en haut, me pousse. Vous comprenez ? Le FN n'aime pas les Maghrébins parce qu'il ne les connaît pas. Et inversement. On critique ce qu'on ne connaît pas. Mais il y a des bons et des mauvais partout. À ce sujet, je veux changer le discours du FN ».


C’est beau l’espoir …


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.