L’Algérien Noureddine Ouldadi est le nouveau sélectionneur de l’équipe de football palestinienne

 L’Algérien Noureddine Ouldadi est le nouveau sélectionneur de l’équipe de football palestinienne

MELBOURNE


 


C'est une demi-surprise. Noureddine Ouldali, un Algérien de 44 ans, entraîneur adjoint sur le banc palestinien entre 2009 et 2012, vient d'être porté à la tête de la sélection de Palestine de football. L’ancien entraîneur de l’US Chaouia (ligue 2 algérienne) a signé un contrat de deux ans avec la fédération palestinienne de football. Son objectif : emmener l’équipe palestinienne à la Coupe du monde 2018. 


 


Ce ne sera pas une mince affaire. C'est déjà un miracle qu'avec l'occupation israélienne une équipe nationale puisse exister. La Palestine, qui n'a jamais participé au Mondial, est dans le groupe A de sa zone, en compagnie de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis, de la Malaise et du Timor Oriental.


"Enthousiaste comme un débutant et plein d’espoir, j’ai du déchanter dès mon arrivée sur le sol palestinien qui n’avait de palestinien que le nom, puisque les postes frontières sont assurés par l'armée israélienne", a raconté Noureddine Ouldadi, à nos confrère de DZFOOT.


"Une garde à vue de 8 heures m’a été infligée par l’armée israélienne au poste frontière entre la Jordanie et la Palestine, sous prétexte de pseudo motifs d’ordre sécuritaire", continue le nouveau sélectionneur. Ce qui était complètement aberrant, vu les raisons uniquement sportives de ma présence. Malgré plusieurs tentatives de ma part avec justificatifs à l’appui, rien n’y fait. Je pensais que la garde à vue était un passage obligatoire pour les ressortissants étrangers qui entraient en Palestine pour la première fois. Malheureusement, ce fut la même rengaine à chaque fois que l’on passait la frontière. Je pensais que mon rang d’entraîneur de football pouvait constituer un frein à l’excès de zèle de ces personnes chargées du contrôle frontalier. Que nenni, au contraire, ils arrivaient à pousser le bouchon à l’extrême."


Nourreddine Ouldadi devra également batailler ferme pour réunir au même endroit tous les membres de son équipe, éparpillés un peu partout dans le monde. Déjà sur le territoire palestinien, que ce soit en Cisjordanie, à Gaza ou à Jérusalem. Ou encore en Israël, ou à l'étranger, avec les binationaux. "En effet, au gré et au bon vouloir des autorités israéliennes, la circulation des uns et des autres des joueurs retenus, se heurte à des difficultés parfois insurmontables. Un travail planifié ne peut être appliqué, vu les aléas dont on dépend."


"J’ai même assisté à l’internement de trois mois de l’un des mes joueurs, qui à notre retour du Soudan n’avait plus le droit de regagner son domicile, après avoir été autorisé à quitter le territoire. Des exemples comme ceux-ci, je peux en fournir une multitude, qui à la longue, génèrent une révolte difficilement contenue." Avant de conclure : "Le sport doit être un vecteur de paix entre les peuples, et il est important que cela soit respecté partout".


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.