Dj Diemone, alias Samir Khirat s’est éteint ce dimanche

 Dj Diemone, alias Samir Khirat s’est éteint ce dimanche

Dj Diemone

C’est un bien triste jour pour les amoureux du Hip-Hop. Samir Khirat, alias Dj Diemone s’est éteint à l’âge de 43 ans ce dimanche 24 mai des suites d’une maladie, au domicile de ses parents à Villejuif (94), entouré des siens.

« Ca a été très vite, il y a six mois, il a appris qu’il était malade », raconte la voix très émue, Sear, l’un de ses proches et fondateur du très remarqué magazine de rap «Get Busy». « Il est resté très discret, il ne voulait pas inquiéter ses amis. Sa maman m’a appelé et j’ai pu le voir hier (NDLR samedi) avant qu’il ne parte », continue-t-il.

« Je sais que c’est bateau de dire ça mais Samir était la gentillesse incarnée, je ne lui connaissais pas d’ennemis. Tout le monde aimait Samir. En tant qu’ami, il était très fiable », insiste Sear.

>>Lire aussi : Diddi Trix – À la maison, c’était ma daronne le DJ

Issu du quartier de DJ Myst et DJ Phaxx

Originaire du quartier des Baconnets à Antony dans les Hauts-de-Seine, Samir Khirat avait grandi dans le même immeuble que d’autres disc-jockeys de renom, comme DJ Myst (qui a notamment travaillé avec le rappeur Youssoupha), ou Dj Phaxx (Ministere Amer, Secteur A, Arsenik, Neg Marrons…).

En 2016, Samir Khirat, alias Dj Diemone était parti en tournée à travers la France mais aussi en Tunisie avec le plus célèbre groupe parisien du 18e La « Scred Connexion ». « Il avait beaucoup apprécié ces moments-là. Il vivait pour la musique. Je l’ai toujours connu DJ », raconte Naima, son amie de 15 ans. « Samir était drôle et réservé en même temps. Il se servait de la musique pour communiquer, pour s’exprimer. Samir était généreux et répondait toujours présent pour donner un coup de patte. Un jour, on avait organisé une soirée pour dénoncer les violences faites aux femmes et il n’avait pas hésité à venir », se souvient encore Naima.

>>Lire aussi : DJ Missy Ness, la globe mixeuse

Un collectif « Loose Brothers Dj’s »

« Il y a quelques années, on avait créé un collectif « Loose Brothers Dj’s ». Le but était de mettre en avant des artistes dans l’ombre », se remémore ému Dj Kefran, qui ne tarit pas d’éloges pour celui qui vient de les quitter. « Pendant cinq ans, on a mixé ensemble dans des bars parisiens. Des soirées mémorables…Je le savais très malade mais je ne peux pas croire qu’il nous a déjà quittés, si jeune et si plein de vie. C’était une chance de l’avoir comme ami », insiste Dj Kefran.

« On dit que les meilleurs partent en premier. En ce jour de fête, nous sommes persuadés que les portes du Paradis se sont ouvertes dès ton arrivée tant tu étais pur », a tenu à rendre hommage, l’animateur de télévision et le journaliste Raphäl Yem.

>>Lire aussi : DJ Sama’ : “Danser transforme la violence en énergie positive”

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.