Une pétition demande le rapatriement d’Idir en Algérie

 Une pétition demande le rapatriement d’Idir en Algérie

Le chanteur kabyle Idir. Jean-Michel Delage / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP


Au lendemain de la mort d’idir, samedi 2 mai dans la soirée, une pétition demandant que l’artiste, chantre de la musique berbère, soit enterré auprès des siens en Kabylie a été lancée. En 48h, près de 7 000 personnes l’ont déjà signée.


« Idir ne mérite pas d’être condamné à un exil posthume. Idir est désormais un symbole éternel de la chanson et de la culture Kabyles. Son décès intervenu en France ne doit pas, pour une raison ou une autre, conduire à le priver d’une sépulture dans sa terre natale », expliquent les auteurs de cette pétition d’après laquelle « tout doit être fait pour que cette icône amazighe retourne à la terre qui l’a vu naître. La seule qui puisse lui être légère. C’est pourquoi nous lançons cet appel pressant pour que Idir repose auprès de sa mère ».  


Le chanteur-compositeur algérien Hamid Cheriet alias Idir, est décédé samedi 2 mai à l'hôpital Bichat à Paris, à l'âge de 70 ans. 


« Nous vous informons que l’enterrement de notre cher parent Idir se fera dans l’intimité familiale, conformément à la rigueur des dispositions sanitaires en cours. Pour ces raisons, l’enterrement aura lieu en région parisienne », lit-on dans un communiqué rendu public par sa famille ce lundi 4 mai. 


Les proches d’Idir déplorent « profondément cette situation que nous subissons tous, et qui prive temporairement ceux qui souhaitaient lui dire au revoir, de lui rendre hommage ». « Croyez bien nos chers parents et amis que nous en sommes peinés. Nous comptons sur votre bienveillante compréhension, sachant combien il vous aimait tous et aurait désiré vous avoir auprès de lui », conclut la famille dans le communiqué.


De l’autre côté de la Méditerranée, Smail Deghoul, le maire  de Beni Yenni, commune dont dépend le village d’Aït Lahcène, d’où est originaire Idir, espère  encore un rapatriement en Algérie. « Nous attendons la décision de ses enfants », a-t-il expliqué à nos confrères du Monde. « On sait qu’avec l’épidémie de Covid-19 ça ne sera pas facile, mais j’espère qu’il aura les funérailles qu’il mérite », a témoigné un habitant.


Dans la commune, on réfléchit déjà à l’organisation d’un hommage au cours de la semaine. « Il faudrait au moins une veillée. Avec le confinement [un couvre-feu est en vigueur de 17 heures à 7 heures], on devra le faire pendant la journée, échafaude le maire. Les chansons d’Idir, c’étaient de beaux textes, de la belle musique et de la recherche sur notre culture. Il n’est pas seulement un artiste, c’est un ambassadeur de la chanson algérienne en général et de la chanson kabyle en particulier », résume le maire.


La pétition : http://chng.it/c8dd2xf5


 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.