Stains : La fresque pour Adama Traoré et George Floyd vandalisée

 Stains : La fresque pour Adama Traoré et George Floyd vandalisée

La fresque à Stains représentant Adama Traoré et George Floyd a été vandalisée (Photo Nadir Dendoune)

Ce n’est malheureusement pas une surprise. A Stains (93), une fresque représentant Adama Traoré et George Floyd et qui avait provoqué la colère de la police a été lâchement vandalisée ce samedi 4 juillet par des inconnus, comme nous avons pu le constater.

La fresque réalisée par un collectif d’artistes locaux et inaugurée en grande pompe par le Maire de Stains PCF Azzedine Taibi et le comité Adama le 23 juin a été recouverte de plusieurs tags. On peut y lire une première inscription en couleur blanche : « Extorsion Vol Stop aux Traoré » : puis une deuxième en rouge « Braqueur de femmes enceinte ». La peinture recouvre en partie les visages d’Adama Traoré mort en juillet 2016 après son interpellation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise) et celui de l’Américain George Floyd, asphyxié lors de son arrestation par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis.
En haut de ce dessin immortalisant les deux hommes,  le « Collectif Art » de Stains a tagué cette phrase « Contre le racisme et les violences policières ».

Alliance veut le retrait de la phrase

En colère, le syndicat de police Alliance demande alors que la phrase évoquant les violences policières soit retirée du dessin. Il organise le 22 juin un rassemblement devant la préfecture de Seine-Saint-Denis. Le préfet reçoit une délégation. Au même moment à Stains, 150 personnes se rassemblent devant la fresque à l’appel du Comité Adama Traoré.
Cet acte de vandalisme intervient au lendemain de la mise en demeure du maire de Stains par le préfet de Seine-Saint-Denis.
“Monsieur le préfet me met en demeure de supprimer le mot ‘policières’ de la fresque. Cette injonction était celle du syndicat de policiers Alliance. Je ne saisis pas le sens de cette mise en demeure infondée”, a déclaré à nos confrères de l’Afp ce vendredi 3 juillet Azzédine Taïbi, qui a mandaté son avocat Arié Alimi “afin d’étudier les suites à donner au préfet”.
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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.