Répression des Ouïghours : les Etats-Unis sanctionnent 11 entreprises chinoises

 Répression des Ouïghours : les Etats-Unis sanctionnent 11 entreprises chinoises

Le département américain du Commerce a encore ajoutée une trentaine d’entreprises à sa liste noire des entreprises accusées de participer à la répression des musulmans ouighours.

Contre la répression chinoise des Ouïghours, l’administration Trump durcit le ton face à Pékin. Alors que les puissances occidentales prennent des précautions.

 

Le département américain du Commerce a ajouté, lundi 20 juillet, à sa liste noire économique, 11 entreprises chinoises, accusées de participer à la persécution de cette minorité musulmane.

Ces sociétés « sont impliquées dans des violations des droits de l’Homme liées à la mise en œuvre de la campagne de répression, d’incarcération de masse, de travail forcé, de collecte involontaire de données biométriques et d’analyses génétiques visant les minorités musulmanes de la région autonome ouïghoure du Xinjiang », a justifié le département du Commerce.

Les sanctions prises limitent fortement leur accès à des technologies et produits américains. Elles concernent Changji Esquel Textile, Hefei Bitland Information Technology, Hefei Meiling, Hetian Haolin Hair Accessories, Hetian Taida Apparel, KTK Group, Nanjing Synergy Textiles, Nanchang O-Film Tech et Tanyuan Technology.

Mais aussi Xinjiang Silk Road et Beijing Liuhe qui pratiqueraient des analyses génétiques pour « réprimer les Ouïghours et autres minorités musulmanes », explique le communiqué.

Reproches de la France et du Royaume-Uni

Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis prennent de telles sanctions. Le pays accuse régulièrement la Chine d’avoir interné dans la région au moins un million de musulmans.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui avait par le passé comparé la situation à l’Holocauste, a parlé début juillet de « tâche du siècle », lors d’un appel avec des journalistes. Pékin dément ces allégations et parle de centres de formation professionnelle.

Sans décider pour l’instant de représailles, d’autres pays ont haussé le ton sur cette question. Le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, a par exemple déploré que la Chine commette des « atteintes graves, choquantes aux droits de l’Homme » à l’encontre de la minorité ouïghoure.

Au sujet d’informations évoquant des « stérilisations forcées » ou des « camps de rééducation », il a souligné qu’elles « rappellent quelque chose que nous n’avons pas vu depuis très longtemps. Et cela, de la part d’un membre de premier plan de la communauté internationale qui veut être pris au sérieux ». « Nous voulons une relation sérieuse (avec la Chine). Mais nous ne pouvons voir un tel comportement et ne pas le dénoncer », a-t-il ajouté.

De son côté, le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire a évoqué une « pratique révoltante et inacceptable ». « Nous la condamnons fermement », a-t-il déclaré, interrogé sur Franceinfo.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.