Le 3 décembre 1983, la marche pour l’égalité partait de Marseille

 Le 3 décembre 1983, la marche pour l’égalité partait de Marseille

Des dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup de travailleurs immigrés et leurs enfants, manifestent place de la Bastille à Paris 03 décembre 1983 se joignant à la fin d’une marche Marseille-Paris de six semaines contre le racisme. PIERRE VERDY / AFP

Ils étaient 32 au départ, ils sont 100 000 à l’arrivée ! Il y a trente-sept ans, jour pour jour, le 3 décembre 1983, après 1500 km et un mois et demi de marche au départ de Marseille, 100 000 militants se réunissent à Paris, lors d’une grande manifestation. Une Marche pour l’égalité qui entend protester contre la montée de la violence raciste en France.

 

Durant l’été 1983, des affrontements éclatent entre policiers et jeunes hommes du quartier des Minguettes, à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise. Toumi Djaïdja, président de SOS Avenir Minguettes, jeune association du quartier, prend gratuitement une balle dans le ventre tirée par un policier. Heureusement, il en réchappe et une marche est décidée sur son lit d’hôpital.

S’appuyant sur les réseaux militants de banlieue, politisés et plus structurés à l’époque, la marche part alors de Marseille avec une trentaine de marcheurs.

17 marcheurs depuis Marseille

Le 15 octobre 1983, dans une relative indifférence, du quartier de la Cayolle à Marseille qui vient d’être le théâtre du meurtre raciste d’un enfant de treize ans, 17 personnes, dont 9 issues du quartier de la banlieue lyonnaise des Minguettes composent le cortège. Parmi lesquelles Farid Arar, Djamel Atallah, Toumi Djaïdja, Patrick Henry, Farid Lahzar, Brahim Rezazga, Farouk Sekkai, Toufik Kabouya, Kheira Rahmani, Abdessatar, dit « Amstar », ainsi que le pasteur Jean Costil, les prêtres catholiques Christian Delorme et René Pelletier, Fatima Mehallel, Marie-Laure Mahe, Didier Platon.

Le cortège s’étoffe au fil de la progression, même si, le 31 octobre à Grenoble, il est décidé d’arrêter le nombre de marcheurs permanents à 32.

100 000 marcheurs à Paris

Six semaines plus tard, ils sont donc 100 000 à battre le pavé à Paris. Une manifestation exceptionnelle, où le président de la République de l’époque, François Mitterrand, reçoit une délégation des marcheurs. À cette occasion, le chef de l’État annonce la généralisation de la carte de résidence de dix ans.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.