Normandie. Une vague de solidarité pour Kenza, lycéenne algérienne, menacée d’expulsion de France

 Normandie. Une vague de solidarité pour Kenza, lycéenne algérienne, menacée d’expulsion de France

Kenza Sahed inscrite en terminale au lycée des Bruyères (Sotteville-lès-Rouen), est menacée d’expulsion. Photo : DR

Inscrite en terminale au lycée des Bruyères (Sotteville-lès-Rouen), Kenza Sahed, 19 ans, a reçu une obligation de quitter le territoire français. La jeune fille attend la réponse du tribunal à son recours.

 

En quelques heures, la pétition lancée dimanche 24 janvier pour soutenir Kenza Sahed a obtenu 800 signatures. Ce mardi 26 janvier, elle avait dépassé les 2000 signatures.

« Bulletin exemplaire », dit l’administration en décrivant sobrement une élève studieuse, scolarisée dans ce lycée de Normandie depuis deux ans.

L’obligation de quitter le territoire français (OQTF), reçue il y a quelques jours menace ce parcours. « Alors qu’elle passe son bac cette année », relève le texte de la pétition adressée à la préfecture et au tribunal administratif, compétent en la matière.

« Nous ne pouvons que déplorer cette décision qui intervient alors même que Kenza s’apprête à finaliser son baccalauréat dans quelques mois. Nous le regrettons d’autant plus que c’est une élève particulièrement investie auprès de ses camarades et profondément engagée dans la vie de sa classe et de son lycée », poursuivent ceux qui la soutiennent.

« J’ai peur que la fatigue m’empêche de réussir mon concours pour Sciences Po.»

Bûcheuse, la jeune fille est décrite aussi comme « une élève ambitieuse ». En plus de son baccalauréat, elle prépare le concours de Sciences Po – Paris. « Il s’agit donc d’une élève parfaitement intégrée qui mérite, comme tout élève de son âge, de bénéficier du droit fondamental à l’éducation », affirment ses soutiens. « Et surtout de ne pas en être privée par une décision que nous estimons injuste au regard du parcours de Kenza », poursuivent-ils. Ces derniers espèrent par leur pétition appuyer la demande de recours de Kenza Sahed, afin que le tribunal administratif suspende son OQTF.

« Quand j’ai eu 18 ans, explique Kenza, j’ai demandé à régulariser mes papiers. Ma famille m’a aidée, on a pris un avocat. Je savais que cela serait difficile. » Son avocat va déposer un recours devant le tribunal administratif. « Et j’espère que la préfecture annulera mon OQTF. Elle l’a bien fait à Besançon, pour le boulanger de Guinée qui a été régularisé…», rappelle la jeune fille.

La vague de solidarité a énormément touché Kenza. « Tous ces gens qui m’aident, les professeurs, les copains qui veulent faire une banderole... Je n’aurais jamais cru qu’autant de gens se mobilisent pour moi, ça me touche beaucoup ».

« Mes parents sont en Algérie et c’est très stressant tout ça. Je dors très mal et j’ai peur que la fatigue m’empêche de réussir mon concours pour Sciences Po, en avril prochain », conclut inquiète la jeune fille.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.