Goussainville. Le maire Abdelaziz Hamida gagne son procès en diffamation contre l’Express 

 Goussainville. Le maire Abdelaziz Hamida gagne son procès en diffamation contre l’Express 

Ce mardi 2 mars, le tribunal correctionnel de Paris a condamné le magazine l’Express pour diffamation publique envers le maire de Goussainville (95), Abdelaziz Hamida. L’Express devra verser à l’élu du Val-d’Oise 1 000 euros en réparation du préjudice moral et 1 500 euros pour les frais de justice. Le magazine avait écrit un article intitulé « Un fiché S pour islamisme radical candidat aux municipales ».

 

« Cette décision rendue au nom du peuple français est bien plus qu’un soulagement pour sa famille ainsi que pour les Goussainvillois et les Goussainvilloises, elle consolide incontestablement la confiance que porte les citoyens dans la justice de notre République », s’est félicité dans un communiqué, le maire de Goussainville.

L’histoire démarre le 25 septembre 2019. Nous sommes en pleine campagne municipale.  Abdelaziz Hamida, natif de la ville, est candidat, tête d’une liste sans étiquette à Goussainville.

C’est à ce moment que l’Express publie sur son site internet un article intitulé « Un fiché S pour islamisme radical candidat aux municipales »Nos confères affirment alors que la police surveille depuis plusieurs années Abdelaziz Hamida. Selon eux, le candidat aux municipales « aurait éveillé l’attention des services de renseignement en raison de ses activités prosélytes et compte dans son entourage plusieurs personnes fichées pour radicalisme ».

Abdelaziz Hamida nie en bloc ses accusations, regrettant « ne pas avoir été contacté par le magazine ». « Je n’ai aucune pratique contraire aux principes de la République», martelait-t-il alors à nos confrères du Parisien, ajoutant : « Oui, je suis musulman et je ne l’ai jamais caché. Depuis que je me suis engagé en politique, je n’ai jamais parlé de religion car cela relève de la vie privée et des convictions de chacun. Je me considère comme un vrai républicain et je l’ai montré ».

A Goussainville, tout le monde, y compris les opposants politiques d’Abdelaziz Hamida, est étonné de telles allégations portées à l’encontre du candidat.

Le premier adjoint du maire de l’époque, Bruno Domergue (DVD), « ne trouve pas ça très normal d’utiliser un tel moyen de pression sur une personne qui se présente aux élections», précisant ne pas « cautionner ce genre d’attaque personnelle ». « Après, la justice fera son travail. Il a porté plainte et j’estime qu’il a raison car c’est très préjudiciable pour lui et ses proches », affirme ce membre de la majorité. Malgré ces accusations, le 28 juin 2019, Abdelaziz Hamida est élu maire de Goussainville.

Ce mardi 2 mars, la justice a donc donné raison à Abdelaziz Hamida condamnant le magazine L’Express en diffamation. Joint, Éric Chol, le directeur de la rédaction de l’Express n’a souhaité faire « aucun commentaire».

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.