8 août 1992 : Hassiba Boulmerka, 1ère médaille d’or olympique algérienne

 8 août 1992 : Hassiba Boulmerka, 1ère médaille d’or olympique algérienne

Hassiba Boulmerka lors des Jeux Olympiques de 1996 à Atlanta (crédit photo : Daniel Garcia / Afp)

Nous sommes le 8 août 1992. Alors que l’Algérie s’enfonce tout doucement vers une guerre civile qui fera entre 150 000 et 200 000 morts, Hassiba Boulmerka, une athlète algérienne alors âgée de 24 ans, remporte haut la main la finale du 1 500 m aux Jeux olympiques de Barcelone. Hassiba Boulmerka entre dans l’histoire de l’Algérie en offrant à son pays sa première médaille d’or olympique.

Grande favorite de la distance après sa victoire sur 1 500 m aux championnats du monde à Tokyo en 1991, Hassiba Boulmerka, résiste à la pression en finale des Jeux olympiques de Barcelone disputée le 8 août 1992 en franchissant la ligne d’arrivée la première.
Elle offre alors à l’Algérie sa première médaille d’or, une victoire doublement symbolique puisqu’elle devient également la première africaine à devenir championne du monde d’athlétisme. Elle devient aussi un symbole pour le sport féminin arabe.
De retour en Algérie, elle est accueillie comme une héroïne, autant par le peuple que par les officiels qui se bousculent pour lui rendre hommage.  Enfin, pas par tout le monde. Pour les extrémistes religieux, cette athlète osant courir sans hijab et habillée, comme les autres compétitrices, d’un simple short et d’un débardeur est une insulte à l’islam.
Hassiba Boulmerka est croyante et pratiquante mais elle refuse de porter le voile. Elle déclare alors qu’il « ne lui viendrait pas à l’idée d’entrer dans une mosquée en short, mais que sur une piste d’athlétisme, elle respecte les règles ».
Menacée de mort par les fanatiques, Hassiba Boulmerka s’exile en Europe en 1993.
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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.