Une pétition pour demander la protection des « six Palestiniens évadés »

 Une pétition pour demander la protection des « six Palestiniens évadés »

Imen Habib, coordinatrice de l’Agence Média Palestine qui a demandé la protection immédiate des six Palestiniens évadés et réarrêtés par Israël. Photo : DR

Le 6 septembre dernier, six Palestiniens se sont enfuis de la prison de Gilboa dans le nord d’Israël, via un tunnel creusé sous un évier et débouchant à l’extérieur du pénitencier. Devenus les hommes les plus recherchés d’Israël, les forces israéliennes ont déployé des moyens militaires gigantesques pour pouvoir les retrouver. Les six sont de nouveau en prison.

Selon l’agence Média Palestine, une association au « service du mouvement de solidarité avec la Palestine », les six évadés subiraient, depuis leur arrestation, un « déchaînement de violence indigne, au mépris du droit international ». Rencontre avec Imen Habib, coordinatrice de l’Agence Média Palestine.

 

LCDL : L’agence Média Palestine a lancé une pétition pour demander la protection immédiate des six Palestiniens évadés et réarrêtés par Israël. Pourquoi avoir lancé cette initiative ?

Imen Habib : Car nous craignons le pire et la « vengeance » pour ces prisonniers, qui ont défié le système carcéral israélien en s’évadant de la prison de haute sécurité de Gilboa en Israël.

Nous avons commencé à prendre au sérieux ce dossier quand nous avons appris qu’aucun avocat de ces évadés réarrêtés n’avait pu rendre visite ou s’entretenir avec ces prisonniers et après avoir découvert le témoignage de l’un d’eux affirmant qu’il avait été torturé et battu.

La torture des prisonniers politiques palestiniens est courante et banalisée dans les géôles israéliennes, comme l’a déjà documenté l’ONG israélienne Btselem* (NDLR : https://www.btselem.org/topic/torture), parmi d’autres.

C’est la raison pour laquelle nous avons publié une tribune d’abord sur un blog de Médiapart, et devant les nombreuses personnes nous demandant de la signer, nous avons créé une pétition reprenant la tribune.

Que demandez-vous précisément ?

Nous demandons que le CICR (NDLR : Comité International de la Croix-Rouge) puisse pouvoir se rendre dans les lieux de détention des six prisonniers afin de contrôler leur état de santé et d’être en mesure d’intervenir si leur vie était en danger.

Et nous appelons le gouvernement français à réagir pour la protection et le respect des droits de ces prisonniers et à interpeller immédiatement le gouvernement israélien à ce sujet.

On a l’impression que malgré les résolutions votées à l’ONU dénonçant la politique israélienne d’occupation, rien ne semble « bouger » pour le peuple palestinien. Comment l’expliquez-vous ?

Il y a une forme d’impunité concernant le régime d’apartheid israélien, mais au-delà de l’impunité, il y a une complicité de l’Union européenne qui continue par exemple concrètement de financer des projets pour l’industrie militaire israélienne.

Il faut intensifier nos efforts pour développer la campagne antiraciste et internationale BDS, le mouvement de boycott à l’encontre de l’État d’Israël, initiée par la société civile palestinienne.

 

>> Lire aussi : Des sociétés européennes épinglées pour leurs liens avec des colonies israéliennes

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.