Mayenne. La fausse agression de la joggeuse, une histoire qui en rappelle d’autres…

 Mayenne. La fausse agression de la joggeuse, une histoire qui en rappelle d’autres…

Une photographie prise le 10 novembre 2021 à « Belle Branche », à Saint-Brice, dans l’ouest de la France, montrant le chemin emprunté par la jeune joggeuse de 17 ans, disparue le 8 novembre 2021 et retrouvée le lendemain à Sablé-sur-Sarthe, à 10 kilomètres de la maison familiale. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

La jeune fille de 17 ans recherchée en Mayenne, en début de semaine, a reconnu « avoir menti, ne pas avoir été enlevée et s’être rendue à pied à Sablé-sur-Sarthe », a annoncé dans un communiqué la procureure de la République Céline Maigné, ce vendredi 12 novembre. L’adolescente a expliqué aux enquêteurs que ses blessures étaient « d’origine accidentelle » et qu’elle « aurait notamment découpé son tee-shirt avec une paire de ciseaux ». Elle devrait être la cible d’une procédure pour dénonciation d’infraction imaginaire.

 

Cette sordide histoire de fausse agression n’est pas un cas isolé. En voici quelques-unes, les plus marquantes :

En juillet 2004, Marie-Léonie Leblanc, une femme de 23 ans déclare avoir été victime d’une agression antisémite dans le RER D. Des jeunes issus de l’immigration armés de couteaux lui auraient dessiné des croix gammées sur le ventre et tailladé le visage. L’enquête révèle vite qu’il s’agit d’une affabulation. La jeune femme, non juive, est condamnée à quatre mois de prison avec sursis.

En juillet 2014, la militante féministe Amina Sboui, 19 ans, prétend que des salafistes lui ont rasé les sourcils et ont menacé de la violer, place de Clichy, à Paris. Une semaine plus tard, la police l’accuse de « dénonciation d’un délit imaginaire ». L’ex-Femen avouera son mensonge, en septembre, dans les colonnes de Libération.

En décembre 2014, un chauffeur d’autobus de 23 ans est condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir mis en scène son agression à Goussainville (Val-d’Oise) afin d’obtenir un arrêt de travail.

Douze ans plus tôt, à Marseille, un chauffeur déclarait, lui, que deux jeunes avaient tenté de le brûler vif. L’homme voulait être muté dans les quartiers sud de la ville.

En décembre 2015, un instituteur de 45 ans dit avoir été attaqué au cutter dans sa classe par un homme encagoulé ayant invoqué l’organisation Etat islamique (EI). Quelques heures plus tard, il avoue avoir tout inventé pour attirer l’attention sur les conditions de sécurité dans les écoles.

En novembre 2015, Tsion Sylvain Saadoun, enseignant dans une école juive à Marseille, affirme avoir été blessé au couteau par trois hommes se revendiquant de l’EI dans les quartiers nord de la ville. Trois mois plus tard, l’homme de 55 ans est déféré devant un magistrat du parquet.

Et depuis janvier 2016, treize personnes ont été définitivement condamnées pour avoir escroqué ou tenté d’escroquer le FGTI (Fonds de Garantie des Victimes), en se faisant passer pour des victimes des attentats du 13-Novembre.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.