Recrutement : 8 conseils pour réussir son entretien d’embauche

 Recrutement : 8 conseils pour réussir son entretien d’embauche

La consultante RH, Aïcha Gaudin (DR)

Dans les processus de recrutement, l’étape de l’entretien d’embauche reste souvent le frein pour trouver un emploi. Aïcha Gaudin est consultante indépendante recrutement chez le Mercato de l’Emploi, réseau qui met en relation les chercheurs d’emplois avec les entreprises en besoin. Elle  revient pour nous sur ce qu’il faut savoir pour passer ce chemin semé d’embuches.

Le Courrier de l’Atlas : Comment devient on un bon profil pour une entreprise ?

Aïcha Gaudin : Un bon candidat est un investissement pour l’entreprise. Les entreprises qui effectuent un recrutement, recherchent un collaborateur aux compétences professionnelles avec une personnalité. Le comprendre change la perception que l’on a de soi et de l’entreprise qui va nous employer. Un recrutement mal effectué peut revenir très cher. Un mauvais apprenti en plomberie se chiffrera en dizaines de milliers d’euros entre le salaire, les démarches de licenciement, la perte de clients, etc..

LCDA : Comment préparer son entretien d’embauche ?

Aicha Gaudin : Côté candidat, il faut se renseigner sur l’entreprise. Avec internet, on possède dorénavant suffisamment d’outils pour pouvoir le faire correctement. Il ne s’agit pas de voir uniquement l’effectif ou le chiffre d’affaires. L’activité, le développement à court et long terme entrent en ligne de compte. La fiche de poste ne doit pas être négligée. Lors d’un entretien, l’employeur cherche à connaitre la personne qui va l’accompagner et s’intégrer dans son entreprise. Il faut valoriser son savoir-être et le matcher avec les compétences demandées. Le but est de se demander qu’est ce qu’on va apporter de plus à l’entreprise. Il faut se projeter dans la société. On peut se préparer face à un miroir ou s’enregistrer avec son téléphone. Cela permet de corriger ses erreurs, ses mimiques, etc… S’il le fait, le futur employé arrive en ayant confiance en soi.

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LCDA : Quand on pense recrutement, on pense au CV. Est-ce le seul moyen de se faire recruter ?

Aïcha Gaudin : Outre le CV, le réseau reste important. La France est dotée d’une multitude d’associations, de réunions ou de conférences où l’information sur l’emploi circule. On peut avoir des « job dating » déguisés, qui peuvent être intéressants. Il faut également soigner ses réseaux sociaux. Le premier réflexe d’une employeur est de taper votre nom sur Internet. Pendant cette période de recherche, il est nécessaire d’être vigilant sur nos posts ou photos qui sont consultables par tous.

LCDA : Comment créer son réseau et l’entretenir ?

Aïcha Gaudin : Cela peut commencer au lycée ou durant ses études supérieures. Les stages sont souvent de bons moyens de se faire connaitre ou de découvrir des personnes relais. Même des activités de sport ou de loisirs peuvent permettre d’établir des liens et de faire jaillir votre personnalité. Il faut développer sa communication au maximum.

LCDA : De nombreux recruteurs passent par Linkedin. Comment peut on soigner sa présentation sur ce réseau ?

Aïcha Gaudin : On commence par ses amis proches et on élargit au fur et à mesure. Une jeune comptable en formation a demandé des contacts avec un petit message d’accroche. Elle a commencé par tous les comptables de la zone géographique. Il faut autant chercher à contacter un futur employeur ou envoyer des messages clairs, courts et concis. Il n’y a pas de règles.

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LCDA : Dorénavant on parle plus de compétences (ou de skills) que de formation. Qu’est ce que cela a changé dans le recrutement ?

Aïcha Gaudin : On peut avoir des profils avec des bonnes formations mais une personnalité qui ne correspond pas à l’entreprise. Des fois, cela peut être de la compassion,  de la patience, le dynamisme, la gestion du stress, de l’indépendance, etc.. L’employeur reste un être humain. Il cherche le petit plus qui va apporter quelque chose de nouveau ou d’adéquat à sa forme d’entreprise. Les compétences ont apporté la réhumanisation du processus de recrutement.

LCDA : Faut il être franc sur notre personnalité ?

Aïcha Gaudin : Auparavant, les employeurs demandaient les qualités et défauts. Aujourd’hui, ces questions sont posées différemment mais la recherche d’informations sur la personnalité sont toujours présentes. Il faut rester soi-même, sans se rabaisser et sans en faire trop non plus. L’honnêteté paie souvent plus que de faux-semblants. Même recruté, l’employeur va vite saisir si quelqu’un n’est pas dans l’état d’esprit qu’il recherche. On ne s’invente pas une personnalité. Le recrutement se déroule dans le même registre que la relation amoureuse. On montre le meilleur de soi-même. L’entretien d’embauche est un échange. Ce n’est pas un interrogatoire.

LCDA : Lors d’un entretien d’embauche, faut il négocier son salaire ou cela peut il être mal vu ?

Aïcha Gaudin : Il ne faut pas s’arrêter à un chiffre. Il faut se mettre dans une fourchette. Négocier n’est pas forcément une mauvaise chose. Tout le monde doit s’y retrouver. Il ne faut pas oublier que tout ne tourne pas qu’autour du salaire. Il peut exister des petits plus comme les tickets restaurants, la mutuelle, etc.. qui peuvent changer la donne. Quand l’employeur parle d’un salaire selon profil, cela signifie qu’il peut y avoir négociation. Les compétences ou l’expérience peuvent alors apporter de l’eau au moulin à l’employé. Il ne faut pas hésiter à parler de chiffres concrets, de réalisations visibles et connues. Avoir géré un portefeuille de PME montre la polyvalence. Connaitre le statut des intermittents du spectacle indique l’assurance d’une gestion de spécificités particulières. Il faut montrer sa capacité à s’adapter et la valoriser.

 

 

Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.