Présidentielles. Eric Zemmour a fait un carton en Israël

 Présidentielles. Eric Zemmour a fait un carton en Israël

Des ressortissants français devant un bureau de vote à Tel-Aviv, le 10 avril 2022, pour voter au premier tour des élections présidentielles françaises. Photo de JACK GUEZ / AFP

Malgré ses propos antisémites, les Français installés en Israël ont largement voté pour Éric Zemmour lors du premier tour des élections présidentielles.

 

Ce dimanche 10 avril, avec 53,59% des suffrages, il est arrivé en tête devant Emmanuel Macron (31,72%). Quant à Marine Le Pen, elle n’a pas dépassé 3,32% des voix.

Pétain « sauveur » de juifs sous Vichy, affaire Dreyfus qualifiée de « trouble », volonté d’abolir des lois réprimant le négationnisme : si certains juifs ici en France crient à « l’antisémitisme » d’Eric Zemmour, pour de nombreux Franco-Israéliens, il est le seul à pouvoir secourir une France dont l’identité s’est « évaporée ».

 

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Il y a quelques mois encore, lorsque Serge Siksik, membre de « Reconquête ! », le parti d’Eric Zemmour, plaidait la cause de son mentor en Israël, il ressentait de la réticence, comme l’ont révélé nos confrères de la Charente libre. Mais au fur et à mesure de la campagne, il a dit observer « de plus en plus de ralliements ».

Selon Serge Siksik, le drame de la mort de Jérémie Cohen, jeune homme de confession juive dont le père a été reçu au QG de « Reconquête ! », dans les jours qui ont précédé l’élection, a pu jouer un rôle. Mais pas seulement.

« Les Franco-Israéliens sont branchés sur les informations en France. Ils voient ce qu’il s’y passe, ce qu’ils entendent c’est l’antisémitisme, ce sont les attentats, c’est les quartiers qui ressemblent à Bab el Oued », explique Serge Siksik.  Au second tour, ils devraient logiquement donner leur voix à Marine Le Pen …

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.