Olivia Zemor, présidente d’Europalestine relaxée en appel

 Olivia Zemor, présidente d’Europalestine relaxée en appel

La directrice de publication d’EuroPalestine Olivia Zémor et ses amis, devant le tribunal de Lyon, jeudi 5 mai 2022, après avoir été relaxée par la cour d’appel de Lyon qui a rejeté les poursuites intentées à son encontre par Téva. Photo : DR

C’est une belle victoire pour Olivia Zemor et les partisans du boycott d’Israël. Déjà relaxée en première instance, la cour d’appel de Lyon a rejeté ce jeudi 5 mai les poursuites intentées par le géant pharmaceutique israélien Téva à l’encontre de la directrice de publication d’Europalestine. Olivia Zemor était poursuivie pour « diffamation à raison de l’appartenance à une nation » et « provocation à la discrimination à raison de l’appartenance à une nation ».

 

Téva reprochait à Olivia Zemor d’avoir publié en novembre 2016 sous le titre « Teva, on n’en veut pas », les actions du collectif 69 Palestine. En 2015 et 2016, les militants de ce collectif lyonnais avaient mené des actions dans la ville appelant au boycott de la société israélienne.

« Après des années de combat pour faire reconnaitre la légitimité du boycott, la décision de la cour d’appel est une grande satisfaction, s’est félicitée maître Cochain, l’un des conseils d’Olivia Zémor. Elle fait suite à la décision de la Cour européenne des droits de l’homme », rappelle l’avocate.

Le 11 juin 2020, la CEDH avait condamné la France dans l’affaire des appels au boycottage de produits israéliens. Des militants avaient été condamnés pour incitation à la discrimination économique envers des personnes en raison de leur appartenance à une nation. Par cet arrêt, la Cour européenne des droits de l’homme soutenait que l’appel au boycott des produits israéliens ne dépassait pas le cadre de la liberté d’expression.

Bête noire des défenseurs inconditionnels de la politique israélienne en France, qui s’acharnent sur elle depuis de nombreuses années pour la faire taire, Olivia Zémor a été poursuivie devant les tribunaux à maintes reprises, toujours pour ses engagements propalestiniens. Elle a été toujours relaxée.

Celle qui ne mâche pas ses mots a aussi intenté des procès. En 2012, elle avait porté plainte contre la ligue de Défense juive (LDJ). En juillet de la même année, Olivia Zemor avait été aspergée de peinture par des membres de cette milice d’extrême droite. Le tribunal les avait alors condamnés à des peines de prison avec sursis.

Il y a quelques années, elle avait également intenté un procès à Éric Zemmour « pour ses propos islamophobes ». Le polémiste d’extrême droite avait été condamné.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.