La plaque en hommage au policier Ahmed Merabet, tué par l’un des frères Kouachi, une nouvelle fois vandalisée

 La plaque en hommage au policier Ahmed Merabet, tué par l’un des frères Kouachi, une nouvelle fois vandalisée

Le portrait du policier Ahmed Merabet a été une nouvelle fois dégradé. Crédit photo : Nadir Dendoune / 11-08-2022.

Le portrait au pochoir du policier Ahmed Merabet, froidement assassiné par l’un des frères Kouachi, en janvier 2015, a été une nouvelle fois dégradé (Voir nos éditions). Des tags incompréhensibles ont été bombés à la peinture noire sur le côté gauche de la plaque. 

 

La plaque en hommage au policier Ahmed Merabet, tué par l'un des frères Kouachi, une nouvelle fois vandalisée
Portrait au pochoir de Ahmed Merabet, de l’artiste C215. Crédit photo : Nadir Dendoune

Le street artiste C215, à l’origine du portrait a constaté la présence de nouveaux tags ce mercredi sur son œuvre située dans le XIe arrondissement de Paris. « Je venais de le refaire. Je vais le refaire s’il n’est pas possible de nettoyer. Je l’ai refait je ne sais combien de fois. C’est comme cela », a réagi l’artiste sur sa page Facebook. Ce jeudi après-midi, comme nous avons pu le constater, les tags étaient toujours présents. 

La plaque en hommage à Ahmed Merabet avait été inaugurée le 5 janvier 2016 par le président de la République François Hollande et la maire de Paris Anne Hidalgo, Boulevard Richard-Lenoir à Paris, à quelques mètres du lieu du drame. 

Ahmed Merabet, 40 ans, avait été tué à bout portant en pleine rue par l’un des frères Kouachi quelques minutes après l’attaque terroriste du journal satirique Charlie Hebdo. 

Ce type de dégradation n’est pas une première. Déjà en novembre 2021, comme nous vous le relations dans ces colonnes, une enquête avait été ouverte à Paris après la découverte d’une inscription raciste sur le dessin. Le mot « bicot » avait été écrit au marqueur noir sur le front du policier. 

« Ce type de propos putride sur le portrait fraîchement restauré d’Ahmed Merabet, à l’emplacement même de son assassinat, montre bien le climat qui règne actuellement en France, celui d’un racisme décomplexé. Je vais aller effacer… », avait réagi à l’époque Christian Guémy, alias C215.

En juillet 2020, le préfet de police avait déjà porté plainte lorsque la plaque officielle en mémoire du policier avait été dégradée avec des inscriptions au marqueur vert : « oui », « d’acc » « mais encore ? », « Les terroristes c’est eux ».

En vain.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.