Algérie : Le rapatriement des personnes décédées assuré par l’Etat

 Algérie : Le rapatriement des personnes décédées assuré par l’Etat

Une délégation de la diaspora algérienne reçue en Algérie pour la question du rapatriement (DR)

La question restait épineuse pour nombre de familles qui souhaitaient effectuer le rapatriement des personnes décédées en Algérie. Dorénavant, la prise en charge par l’Etat couvre les frais de transport terrestre ou aérien vers le pays du Maghreb ainsi que les frais des actes préalables (toilette mortuaire, mise en cercueil et frais éventuels). Interview avec Otman Douidi, vice-président de l’Association de la Diaspora des Algériens Résidant à l’Etranger (DARE) qui s’est battue longtemps sur ce dossier.

Quelle était la problématique des Algériens résidant à l’Etranger qui souhaitaient se faire rapatrier dans leur pays d’origine ?

Otman Douidi : On se bat depuis 2003 pour obtenir cette aide de l’Etat Algérien sur le rapatriement. Cela coïncidait avec la canicule en France. De nombreux chibanis étaient enterrés dans des fosses communes sans aucune intervention des consulats algériens. En 2014, on obtient une loi pour tous les défunts algériens à l’étranger de pouvoir avoir un rapatriement.

Qu’est ce qui est pris en charge par l’Etat ?

Otman Douidi : Que ce soit en France, en Allemagne ou ailleurs, l’Etat algérien prend en charge tous les frais, du pays de décès jusqu’au cimetière. Malgré son vote en 2014, la mise en application tardait. De plus, elle ne concernait que les nécessiteux. Nous voulions que cela soit effectif pour tout le monde. Un amendement auprès du ministre des finances, présenté par le  le député de l’étranger, Yagoubi Abdelouahab, va dans ce sens. Le minimum pour un Algérien est de pouvoir retourner se faire enterrer dans son pays, comme le font nos pays voisins.

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Est ce que le décret d’application est entré en vigueur ?

Otman Douidi : Pour l’instant, les consulats n’ont pas encore l’information. Son application dépend des navettes entre le ministère des finances et celui des Affaires Etrangères. Nous souhaitons que les consulats soient mis au courant au plus vite.

Continuez-vous à vous battre pour l’enterrement des Algériens dans leur pays d’origine ?

Otman Douidi : Oui. Les cimetières sont souvent pleins et cela pose des problèmes. Aussi, suite à notre démarche, le wali de Mostaganem met à disposition un terrain qui va devenir un cimetière. Nous espérons que toutes les wilayas du pays en fassent de même.

 

 

Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.