Concours de Couscous : Corbeil-Essonnes fait péter la semoule

 Concours de Couscous : Corbeil-Essonnes fait péter la semoule

(Photo : FADEL SENNA / AFP)

Le 13 juillet prochain, Corbeil-Essonnes deviendra la capitale francilienne… du couscous. Un concours entre restaurateurs, des stands artisanaux, de la musique et un feu d’artifice : voici le menu du tout premier « Couscous en Folie », festival populaire et assumé. Parce qu’il n’y a pas que le foie gras et les macarons dans la vie.

Parfois, pour réconcilier les gens, il ne faut pas des sommets diplomatiques ou des discours solennels. Parfois, il suffit d’un plat. Un plat simple, généreux, venu d’ailleurs mais que tout le monde s’est approprié. Un plat comme… le couscous.

Et ça, à Corbeil-Essonnes, ils l’ont bien compris. Le dimanche 13 juillet 2025, cette ville de l’Essonne ne sera pas seulement le point de départ du pont du 14 juillet ou un arrêt du RER D. Non, ce jour-là, elle sera le centre névralgique du bon goût et du bon vivre, en accueillant la toute première édition de “Couscous en Folie”. Un festival à la gloire du roi de la semoule et de la merguez. Gratuit, ouvert à tous, avec une promesse : celle de se régaler sans se ruiner.

Un couscous pour les gouverner tous

Derrière cette belle initiative, l’association ABC D’ici et d’Ailleurs, qui depuis des années tisse du lien, souvent là où les institutions oublient de passer. Leur idée ? Réunir 10 restaurateurs de toute l’Île-de-France pour une bataille au sommet, version marmite. Objectif : décrocher le titre de “meilleur couscous francilien”.

Mais attention, on ne rigole pas avec les règles. Pour avoir une chance, il faut un resto ouvert depuis au moins un an, être capable d’envoyer 300 assiettes de couscous bien garnies, proposer 20 couscous “signature” pour le jury, et 8 de plus pour le staff. De quoi nourrir un village ou faire pleurer de jalousie un traiteur du Marais.

Saveurs, artisanat et feu d’artifice

Mais le couscous, ce n’est que le début. Car le festival, c’est aussi une vitrine pour les créateurs et artisans locaux : mode, bijoux, objets d’art. Un vrai petit souk éphémère, où, pour 200 euros, les exposants peuvent planter leur tente et présenter leur univers. Entre deux bouchées de semoule, les visiteurs pourront chiner, discuter, écouter un concert gratuit et finir la soirée les yeux levés, avec un feu d’artifice tiré à la tombée de la nuit.

Un feu d’artifice. À Corbeil. Pas pour Noël, pas pour un match, mais pour le couscous. Et c’est beau.

Une ville qui célèbre ses racines

À Corbeil, on connaît déjà le festival des Guinguettes du Monde, rendez-vous multiculturel bien ancré dans le paysage. Avec Couscous en Folie, la ville creuse le même sillon : faire de la fête un acte politique, du vivre-ensemble une réalité, et des banlieues des lieux de culture, de chaleur et de joie.

Ce festival, ce n’est pas juste un événement de plus. C’est une déclaration d’amour à la cuisine des grands-mères, à la solidarité des quartiers, et à la France de tous les jours, celle qu’on ne voit pas assez dans les JT mais qu’on reconnaît dans chaque bouchée.

Alors oui, il y aura peut-être un peu de bruit, des files d’attente, des enfants qui courent partout. Mais il y aura surtout du monde, de la musique, des sourires, et des assiettes pleines. Et ça, en 2025, c’est presque révolutionnaire.

Alors sortez vos agendas : dimanche 13 juillet, de midi à 22 h, Corbeil-Essonnes ne vous invite pas à un simple festival. Elle vous invite à sa table.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.