Marseille : fin de la bataille judiciaire, la mosquée des Bleuets reste ouverte

L’imam de la mosquée des Bleuets, l’imam Ismaïl, en conférence de presse, entouré de ses avocats Guez Sefen (à gauche) et Chekkat Rafik (à droite), dans les locaux adjacents à la mosquée, à Marseille, le 9 septembre 2024. (Photo : Miguel Medina / AFP)
La décision du Conseil d’Etat met fin à plusieurs mois de bataille judiciaire. La mosquée de l’Institut musulman des Bleuets peut rester ouverte.
La décision du Conseil d’Etat est tombée lundi (23 février), la mosquée des Bleuets peut continuer d’accueillir les fidèles.
Dans un communiqué (24 février), l’Institut musulman des Bleuets faisait part de son soulagement : « dans sa décision, le juge des référés a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur la requête du ministre de l’Intérieur, la mesure de fermeture administrative prononcée le 6 octobre 2025 étant arrivée à expiration et ne pouvant, en tout état de cause, plus recevoir d’application ».
Sefen Guez Guez, un des avocats de l’Institut musulman des Bleuets se satisfaisait de ce cette décision sur X (23 février) : « Le Conseil d’état (…) maintient la décision de première instance: la mosquée reste pleinement ouverte ».
Bras de fer
L’autre avocat de la mosquée, Rafik Cheffak s’exprimait également sur X, lundi, à l’annonce de la décision : « la mosquée des Bleuets à Marseille gagne le bras de fer engagé par l’Etat ».
Un bras de fer qui aura duré plusieurs mois. Le 25 septembre dernier, le préfet des Bouches-du-Rhône, Georges-François Leclerc, estimait que, malgré sa condamnation pour « apologie du terrorisme » en juin dernier, l’imam Ismaïl continuait « de proférer des propos qui sont des incitations à la haine et à la violence ».
Le préfet signait, le 6 octobre, un arrêté ordonnant la fermeture de la mosquée des Bleuets. Le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a donc suspendu l’exécution de l’arrêt ordonnant la fermeture de la mosquée phocéenne pour une durée de deux mois.
« Cette décision marque une victoire du bon sens, en rappelant que la liberté de culte est un principe essentiel de la République », se réjouissait alors le Conseil Départemental du Culte Musulman des Bouches-du-Rhône (CDCM-13). Le ministre de l’Intérieur avait ensuite fait appel.
Confiance en la justice
L’ordonnance du Conseil d’Etat met donc un terme définitif à cette longue passe d’armes juridique. Dans son communiqué, l’Institut musulman des Bleuets confirmait avoir toujours eu confiance aux principes et en la justice de la République :
« Nous réaffirmons notre attachement indéfectible aux lois de la République, aux principes constitutionnels, ainsi qu’aux valeurs de paix, de fraternité et de respect qui fondent notre engagement quotidien ».

