Le chiffre : 16 467 étrangers placés en rétention en 2025

Intérieur du centre de rétention administrative (CRA2) de Colombier-Saugnieu, le 24 octobre 2024. © JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
En 2025, 16 467 étrangers ont été placés en rétention en France. Plus de six sur dix ont été libérés sans expulsion, selon le bilan annuel publié le 19 mai par Forum réfugiés, France terre d’asile, le Groupe SOS Solidarités, la Cimade et Solidarité Mayotte.
La France hexagonale compte 22 CRA. En 2025, 16 467 étrangers ont été placés dans ces centres, soit légèrement plus qu’en 2024 (16 228).
Les ressortissants de trois pays du Maghreb y sont principalement retenus : les Algériens (30 %), les Tunisiens (11 %) et les Marocains (10 %). Selon les associations, cela relève d’un « ciblage prioritaire de certaines nationalités ».
En Outre-mer, 27 568 personnes ont été enfermées dans le seul CRA de Mayotte.
Majoritairement, les personnes placées en CRA l’ont été à la suite de contrôles de police (46,3 %), tandis que 29 % l’ont été à la sortie de prison.
« Plus de quarante ans après l’ouverture des premiers centres de rétention administrative, en 1984, l’année 2025 s’inscrit comme l’une des plus préoccupantes pour les droits des personnes étrangères privées de liberté », estiment les associations dans leur rapport.
Elles s’alarment de l’allongement de la durée moyenne d’enfermement : un peu plus de 33 jours, contre près de 17 jours en 2020.
Plus de 2 000 personnes ont été enfermées jusqu’à 90 jours, la durée maximale légale, excepté pour les condamnés pour terrorisme, dont la rétention peut atteindre 180 jours.
Le rapport souligne que seules 36 % des personnes retenues ont effectivement été éloignées.
Si la majorité d’entre elles ont été libérées, « c’est principalement à la suite de décisions judiciaires, en raison d’irrégularités de procédure, et dans certains cas de défaut de perspectives d’éloignement », détaille le rapport.
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