Meyzieu : L’Institut musulman des bleuets soutient la tenue d’un salon interdit par le maire

Légende : Le salon « Aux Sources », prévu à Meyzieu en juin, a été interdit par arrêté municipal en raison de la présence annoncée d’un prédicateur controversé.
L’Institut musulman des Bleuets (Marseille) apporte son soutien à l’association Aux Sources, dont le salon annuel a été interdit par le maire, en raison de la présence d’un prédicateur controversé.
« L’Institut musulman des Bleuets exprime son inquiétude et déplore profondément la décision d’interdire la tenue de la quatrième édition du salon “Aux Sources” », se positionnait hier (26 mai) l’Institut musulman des Bleuets.
Sanctionnée par une fermeture administrative en septembre dernier, la mosquée de l’institut avait finalement gagné son combat judiciaire en février.
Aujourd’hui, l’institut marseillais soutient l’association Aux Sources, dont le salon annuel, prévu les 13 et 14 juin à Meyzieu, a été interdit par le maire de la commune, Issam Benzeghiba (Divers centre).
L’Institut des Bleuets dénonçait une mesure « portant atteinte aux libertés fondamentales de réunion, d’expression et d’association », signe « d’un soupçon éternel envers la communauté musulmane française ».
Interdiction
Dans son arrêté d’interdiction, le maire de Meyzieu pointe la présence annoncée du prédicateur très controversé Vincent Souleymane. Soupçonné d’une grande proximité avec les Frères musulmans, ses propos pourraient porter « atteinte aux principes et valeurs de la République », selon l’arrêté.
Par ailleurs, il est souligné que, dans la présentation de l’événement, « si chaque intervenant masculin est présenté avec la photographie de son visage, la seule femme intervenante est représentée par une silhouette sans visage et voilée, pratique caractéristique des mouvements fondamentalistes et séparatistes ».
L’an passé, l’événement avait également été interdit par l’ancien maire. Cependant, l’interdiction avait été retoquée par le tribunal administratif, qui estimait que les risques de troubles évoqués n’étaient pas « sérieusement justifiés ».
C’est pourquoi, cette année, Issam Benzeghiba a pris les devants en écrivant au préfet Étienne Guyot pour lui demander de « sécuriser juridiquement » l’arrêté « et de garantir sa solidité ».
« Résistance »
Parmi les opposants à la tenue du salon « Aux Sources », la députée Rassemblement national du Rhône, Tiffany Joncour, a vivement critiqué les valeurs véhiculées, selon elle, par cet événement.
« Au programme : “engagement politique”, “résistance”, “autonomie collective musulmane”… Sous couvert de spiritualité, c’est une logique d’entrisme communautariste qui se développe », accusait la députée via un message sur X (20 mai).
Dans un communiqué (24 mai), l’association précisait sa volonté : « La résistance dont il est ici question est une résistance spirituelle, éthique et citoyenne face à tout ce qui fragilise le lien social : le repli, la haine, le sectarisme, les logiques de division et les tentatives d’opposer les citoyens les uns aux autres. »
De plus, les organisateurs de l’événement regrettaient qu’aucun échange préalable ne leur ait permis de présenter ou d’expliciter le contenu de ce salon. L’association Aux Sources appelait au calme et à rester attentive « aux prochaines décisions de justice ».
