Frontex : enquête contre Leggeri pour complicité de crimes contre l’humanité

 Frontex : enquête contre Leggeri pour complicité de crimes contre l’humanité

Fabrice Leggeri, ex-directeur de Frontex et eurodéputé RN, visé par une enquête pour complicité de crimes contre l’humanité, ici lors d’une conférence de presse au Parlement européen. Bruxelles, 8 juillet 2024. © François WALSCHAERTS / AFP

Frontex : une enquête vise Fabrice Leggeri, ancien directeur de l’agence européenne, accusé par la Ligue des droits de l’homme de complicité de crimes contre l’humanité dans la gestion des migrants.

 

La Ligue des droits de l’homme a obtenu qu’un juge soit saisi pour enquêter sur l’eurodéputé RN, soupçonné d’avoir mené ce qu’elle qualifie de « chasse aux migrants ».

L’agence de l’Union européenne chargée du contrôle des frontières, Frontex, était dirigée par Fabrice Leggeri entre janvier 2015 et avril 2022. En 2024, il a rejoint le Rassemblement national, devenant numéro 3 sur sa liste aux élections européennes. À la tête de l’agence, il a régulièrement été accusé par des ONG de tolérer des refoulements illégaux de migrants, s’imposant comme un défenseur d’un contrôle strict des frontières européennes.

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Une politique « quel qu’en soit le prix »

La Ligue des droits de l’homme l’accuse d’avoir « encouragé » ses agents à faciliter les interceptions d’embarcations de migrants par les autorités libyennes et grecques.

En 2024, l’ONG a déposé plainte pour complicité de crimes contre l’humanité et de torture. Elle lui reproche d’avoir « fait le choix d’une politique visant à faire obstacle, quel qu’en soit le prix – en vies humaines notamment – à l’entrée des personnes migrantes au sein de l’Union européenne ».

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La Méditerranée, route migratoire la plus meurtrière

Depuis 2014, plus de 82 000 migrants sont morts ou portés disparus, principalement en Méditerranée. Il s’agit de la route migratoire la plus meurtrière au monde, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

Ce chiffre serait toutefois sous-estimé, d’après la Mission d’appui des Nations unies en Libye et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Dans un rapport récent, ces institutions évoquent de « graves violations » subies par les migrants, notamment des détentions arbitraires dans des centres officiels et clandestins en Libye.