Jazzablanca, de l’intime au grand format

Le 2 juillet à Jazzablanca, Bab L’Blluz investit la scène 21 pour un concert vibrant. Une rencontre entre héritage, rock et groove
Né en 2006 dans une salle de cinéma casablancaise, Jazzablanca s’est imposé, en moins de vingt ans, comme l’un des rendez-vous musicaux majeurs du continent. De ses débuts intimistes au Megarama à son format actuel étendu sur dix jours, le festival a accompagné la transformation culturelle et urbaine de Casablanca, tout en élargissant progressivement son spectre musical et son audience.
L’affirmation d’une ambition internationale
C’est en avril 2006 que l’histoire de Jazzablanca s’inscrit dans le paysage culturel marocain. Installé au Megarama de Casablanca, le festival affiche d’emblée une ambition claire : inscrire la ville dans la cartographie des grands rendez-vous jazz internationaux. La première édition donne le ton avec des figures majeures telles que Al Jarreau, Dianne Reeves, Lucky Peterson ou Billy Paul.
Dès l’origine, le format s’étale sur environ six jours, avec quelques extensions ponctuelles vers le Complexe Mohammed V. Si le dispositif reste encore modeste, la ligne artistique est déjà affirmée : un jazz ouvert, nourri de soul, de funk et de musiques contemporaines, destiné à un large public curieux.
2006–2011 : la construction d’un public et d’une identité
Les premières années sont celles de la consolidation. Jazzablanca affine son identité et installe progressivement ses repères. Le festival reste fidèle à un format d’environ six jours, tout en élargissant sa programmation.
Peu à peu, une dynamique s’installe : l’événement dépasse le cercle des initiés pour toucher un public local de plus en plus large. Jazzablanca devient un rendez-vous attendu du printemps culturel casablancais, encore en phase de structuration.
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2012–2019 : le virage urbain et l’expansion du festival
L’année 2012 marque un tournant décisif. Le festival quitte le Megarama pour l’hippodrome Casa-Anfa, changeant d’échelle et de logique. Le passage au plein air transforme l’expérience : espaces élargis, scénographie repensée et montée en puissance logistique.
Dans les années qui suivent, Jazzablanca s’étend jusqu’à neuf jours, multiplie les scènes et ouvre davantage la programmation sur la ville. En 2013, une scène gratuite est inaugurée à la place des Nations-Unies, renforçant l’accessibilité.
En 2016, le Village Jazzablanca devient un espace central de convivialité et de rencontres. En 2019, la 14e édition marque la fin de l’ère Casa-Anfa et confirme l’ancrage urbain du festival, devenu un acteur culturel structurant de Casablanca.
2022–2024 : renaissance et nouveau modèle post-Covid
Après deux années d’interruption liées à la pandémie, Jazzablanca revient en 2022 dans une nouvelle configuration à Anfa Park. Le festival change de format : la jauge est portée à environ 8 000 personnes et la durée réduite à trois jours.
Ce retour s’accompagne d’une diversification des espaces, avec une scène principale et une programmation gratuite en ville. Jazzablanca consolide alors son statut de festival hybride, entre événement musical, expérience urbaine et rendez-vous populaire.
2025–2026 : un festival installé dans une nouvelle dimension
L’édition 2025 marque une rupture avec l’adoption d’un format inédit de dix jours, réparti sur deux week-ends et plusieurs soirées intermédiaires. Cette configuration permet une programmation plus dense et diversifiée. Le festival franchit alors un cap symbolique, dépassant les 70 000 festivaliers selon les organisateurs.
En 2026, Jazzablanca confirme cette dynamique pour sa 19e édition, programmée du 2 au 11 juillet. Déployé sur plusieurs sites de Casablanca, dont Anfa Park et le Parc de la Ligue arabe, ainsi que dans divers espaces urbains, il réunit plus de 50 artistes. Le festival s’inscrit désormais dans une logique d’expérience globale, où la musique dialogue avec la ville, la gastronomie et les rencontres.
En près de vingt ans, Jazzablanca a véritablement changé d’échelle. Né comme un festival de jazz confidentiel au Megarama, il est devenu un événement international structurant, capable de rassembler des dizaines de milliers de spectateurs. Au-delà de la musique, il a contribué à transformer Casablanca elle-même, en faisant émerger une culture de l’événement urbain à grande échelle, désormais ancrée dans le paysage culturel marocain.

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