Cinq choses à savoir sur Anasse Kazib, cheminot candidat aux présidentielles

Anasse Kazib, porte-parole de Révolution permanente, s’exprime lors d’un rassemblement devant le tribunal de Paris après son procès pour « apologie du terrorisme », le 18 juin 2025. © Bertrand Guay / AFP
Cheminot et militant syndical à la gouaille sans pareil, Anasse Kazib a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle 2027. Après avoir dynamité les codes de l’extrême-gauche française et s’être imposé dans le paysage audiovisuel, l’aiguilleur de la SNCF veut mener ses luttes au sommet de l’Etat.
Né en 1987, à Sarcelles dans le Val d’Oise (95), Anasse Kazib a apporté son énergie et sa conviction dans toutes les luttes sociales de ces dix dernières années, à travers toute la France. Voici cinq choses à savoir sur celui qui compte « faire entendre la voix de la nouvelle classe ouvrière ».
1. Le rail dans le sang
C’est à la gare de triage du Bourget (93) qu’Anasse Kazib travaille en tant qu’aiguilleur. Chez les Kazib le rail est une affaire de famille. Son père était également aiguilleur à la SNCF. Originaire d’Essaouira, il est arrivé en France, avec sa femme, au début des années 70. Né au Maroc, son père n’a jamais pu obtenir le même statut professionnel de cheminot que ses collègues français.
Ayant grandi en étant témoin de l’activité éreintante de son père, Anasse Kazib entre à son tour à la SNCF, en tant qu’aiguilleur, en 2012. En 2015, il devient délégué syndical SUD Rail et l’une de ses premières batailles a été la lutte contre la réforme de la SNCF en 2018. Un combat guidé par l’envie de changer les conditions de travail dont il a été témoin et qu’il vivait lui-même désormais.
2. De le Gauche à l’Extrême-gauche
C’est en 2012 qu’Anasse Kazib vote pour la première fois. Il a glissé dans l’urne le bulletin de François Hollande pour faire barrage à Nicolas Sarkozy. De son propre aveu, il a été extrêmement déçu de la politique menée par le Parti socialiste. Déchéance de nationalité, polémique du Burkini ou encore les réformes de la loi Travail dite « loi El Khomri » en 2016. La lutte contre la loi El Khomri a été l’une de ses premières en tant que syndicaliste.
A cette époque, le mouvement Nuit Debout s’organisait lors de manifestations sur des places publiques. C’est à cette occasion qu’Anasse Kazib a rencontré les membres de Révolution Permanente, un quotidien en ligne qui deviendra plus tard une organisation politique révolutionnaire (2022), alors rattaché au Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). C’est ainsi qu’il a découvert le Trotskisme et rallié le parti d’Extrême-gauche.
3. Anasse, la « Grande Gueule »
Mouvements contre la loi Travail en 2016, réforme de la SNCF et Gilets Jaunes en 2018, réforme des retraites en 2019, Anasse Kazib s’est multiplié sur le terrain tout en étant omniprésent sur les réseaux sociaux. Son franc-parler, sa conviction, son éloquence n’ont pas laissé les médias traditionnels indifférents.
D’interventions en interventions, l’aiguilleur du Bourget est devenu une figure médiatique incontournable. A tel point, qu’en 2018, il obtenait un poste de chroniqueur récurrent de l’émission des Grandes Gueules sur RMC. Une expérience qui s’arrêtera en mars 2020, après une surexposition qui aura été à double tranchant. Pendant cette période, il a été régulièrement ciblé par des propos racistes.
4. Ambitions présidentielles
Porter une voix anticapitaliste, révolutionnaire, écologiste, communiste, internationaliste, antiraciste et féministe. La convergence des luttes rassemblées dans une candidature à l’élection présidentielle de 2022. Après avoir fait scission avec le NPA, Révolution Permanente porte la candidature d’un Anasse Kazib toujours clair et déterminé. Il défendait alors « un programme révolutionnaire pour les travailleurs, la jeunesse et les quartiers populaires ». Une ambition présidentielle très vite retombée puisque le syndicaliste n’a pu obtenir les 500 signatures qui auraient validées sa candidature.
Pas de quoi décourager le cheminot puisque, quatre ans plus tard, Anasse Kazib annonce sa candidature aux présidentielles de 2027. « Je veux faire entendre la voix de la nouvelle classe ouvrière et défendre ses intérêts », clamait-il. Et cette fois-ci, pas question de renoncer à cause des signatures. Dans un communiqué publié début juin, le parti Révolution permanente annonçait être sur la route depuis un mois et avoir déjà récolté les soutiens de dizaines de maires.
5. Justice
Le 7 octobre 2023, dans un tweet commentant une vidéo d’un journaliste de France 24, Anasse Kazib écrivait notamment : « Soutien au peuple palestinien qui est debout face à cet État sanguinaire qu’est Israël ». En avril 2024, le Parquet de Paris ouvrait une enquête pour « Apologie du terrorisme ». Son procès se tiendra ce jeudi 25 juin au Tribunal de Paris.
Jeudi dernier (18 juin), une grande soirée contre la répression de soutien à la Palestine, rassemblant près de 1 000 personnes, avait lieu à la salle de la Légion d’honneur à Saint-Denis. L’objectif était de rassembler les forces en place avant le procès de jeudi.
Plusieurs militants nationaux et internationaux étaient présents dont Myriam Bregman, députée argentine et membre de la direction du PTS (Partido de los Trabajadores Socialistas), ou encore Ramy Shaath, militant palestinien et opposant au maréchal Sissi en Égypte. Anasse Kazib continue de dénoncer ce qui, selon lui, est une répression des militants syndicaux, politiques et associatifs qui manifestaient leur soutien au peuple palestinien depuis les attaques du 7 octobre 2023 contre Israël.
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