Affaire de l’imam Mahjoubi : fermeture de la mosquée confirmée en appel

 Affaire de l’imam Mahjoubi : fermeture de la mosquée confirmée en appel

L’imam tunisien Mahjoub Mahjoubi, expulsé de France en février 2024 après des propos jugés radicaux. © FETHI BELAID / AFP

La cour d’appel de Nîmes a confirmé la fermeture de la mosquée de Bagnols-sur-Cèze (Gard), deux ans après l’expulsion de l’imam Mahjoubi pour avoir tenu des prêches radicaux.

En bref

  • La cour d’appel de Nîmes a confirmé la fermeture de la mosquée At-Tawba à Bagnols-sur-Cèze.
  • La décision intervient après l’expulsion de l’imam Mahjoub Mahjoubi en février 2024.
  • L’AMGR, association gestionnaire du lieu, devra quitter la salle communale sous douze mois.
  • L’imam tunisien avait été visé par une enquête après des propos diffusés dans une vidéo sur les réseaux sociaux.
  • L’association indique vouloir trouver un nouveau lieu de culte pour les fidèles.

Jeudi (15 janvier), la chambre civile de la cour d’appel de Nîmes rendait sa décision. L’association des musulmans du Gard rhodanien (AMGR), locataire d’une salle communale abritant la mosquée At Tawba à Bagnols-sur-Cèze, a vu son bail résilié.

« Par décision de justice rendue ce jour, faisant suite à l’expulsion du territoire français de l’imam tunisien Mahjoub Mahjoubi en février 2024, la fermeture de la mosquée At-Tawba a été confirmée, ainsi que la résiliation unilatérale du bail emphytéotique liant la Ville de Bagnols-sur-Cèze à l’Association des musulmans du Gard rhodanien délibérée en conseil municipal », confirmait le cabinet du maire via un communiqué (15 janvier).

L’affaire Mahjoubi au cœur de la procédure

Le 22 février 2024, l’imam Mahjoub Mahjoubi, visé par une enquête pour apologie du terrorisme et des prêches radicaux, était interpellé à son domicile de Bagnols-sur-Cèze. Il était expulsé le soir même vers son pays d’origine, la Tunisie.

Quelques jours auparavant, la publication d’une vidéo sur les réseaux créait la polémique. L’imam y qualifiait le « drapeau tricolore » de « satanique », un drapeau qui n’aurait « aucune valeur auprès d’Allah ».

En mars 2025, le tribunal administratif de Nîmes avait notifié à l’AMGR la fermeture de la mosquée dans un délai de six mois. L’association avait fait appel de la décision.

L’association cherche à renouer le dialogue

La décision a donc été confirmée par la cour d’appel et l’AMGR a désormais douze mois pour quitter la salle communale.

« Cette décision évite les conséquences d’une expulsion immédiate avec toute la brutalité que cela peut comporter (…) Cela permet également à mes clients de se retourner pour trouver une solution, c’est-à-dire un nouveau lieu de culte pour les fidèles de leur mosquée », réagissait Me Philippe Licini, avocat de l’association des musulmans du Gard rhodanien.

Par ailleurs, ce dernier fait part d’une volonté de normalisation de la situation : « c’est aussi, peut-être, le temps adapté pour une reprise d’un dialogue apaisé avec la municipalité de Bagnols-sur-Cèze. (…) C’est dans ce sens qu’ils s’activent pour trouver une autre salle, ce qui n’a rien d’évident ».

 

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Vos questions sur la fermeture de la mosquée At-Tawba à Bagnols-sur-Cèze

Pourquoi la mosquée At-Tawba ferme-t-elle ?

La cour d’appel de Nîmes a confirmé la résiliation du bail occupé par l’Association des musulmans du Gard rhodanien et la fermeture du lieu de culte.

Quel est le lien avec l’imam Mahjoub Mahjoubi ?

La procédure intervient après l’expulsion de l’imam tunisien en février 2024, après des propos tenus dans une vidéo et des accusations de prêches radicaux.

Quelle décision avait été prise avant l’appel ?

En mars 2025, le tribunal administratif de Nîmes avait déjà notifié la fermeture de la mosquée dans un délai de six mois.

Combien de temps l’association a-t-elle pour quitter les lieux ?

L’Association des musulmans du Gard rhodanien dispose désormais de douze mois pour quitter la salle communale.

Quelle est la réaction de l’association ?

Son avocat fait part de la volonté de ses clients de trouver une solution pour les fidèles et de renouer un dialogue apaisé avec la municipalité.

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Charly Célinain

Charly Celinain est journaliste pour la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Il participe à la production d’articles et réalise des vidéos d’actualité et de décryptage pour le site et les réseaux sociaux du média.