Calais : Des policiers renvoyés au tribunal pour avoir violenté un bénévole

 Calais : Des policiers renvoyés au tribunal pour avoir violenté un bénévole

Police – Calais. DENIS CHARLET / AFP

Est-ce le hasard du calendrier ? Trois policiers viennent d’être renvoyés en correctionnelle. Tous pour faux en écriture et un pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique. Et ce, après la plainte d’un bénévole britannique venant en aide aux migrants, à Calais. Ce dernier a été blanchi des violences dont ces fonctionnaires l’accusaient.

Le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) avait déjà relaxé en 2019 Tom Ciotkowski d’outrage et des violences rapportés par trois CRS en marge de patrouilles en 2018. Il avait en retour porté plainte contre eux. Le parquet avait ouvert alors une enquête préliminaire confiée à la police des polices.

« Les faits rapportés par les policiers se sont révélés inexacts. Ce sont plutôt les policiers » qui ont montré un comportement ne respectant pas « la mission qui était la leur », a expliqué le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, Pascal Marconville.

Les faits remontent au 31 juillet 2018, lorsqu’une patrouille de la CRS 40 se rend en contrebas de la rocade de Calais et fait partir des migrants pour que les services de la ville nettoient sous le pont.

>> Lire aussi : Violences policières : quelle image pour les forces de l’ordre ?

Version de la police

Selon le procès-verbal du brigadier, des bénévoles anglais « véhéments » à l’encontre des forces de l’ordre s’en mêlent. Tom Ciotkowski, 31 ans, aurait « repoussé fermement au niveau de la poitrine » le brigadier. Il l’aurait aussi traité de « bitch-bastard ». Alors, pour se défendre, le brigadier l’aurait repoussé.

Selon les PV d’audition des trois policiers, qui racontent l’exact même scénario, Tom Ciotkowski le pousse au niveau du torse, tombe par-dessus la glissière de sécurité et entraîne le chef dans sa chute.

Vidéos à la rescousse

Une version démentie par les témoignages du groupe de bénévoles britanniques et leurs vidéos, diffusées à l’audience en juin 2019 : on voit les policiers cherchant à faire partir les bénévoles, un policier lâche un coup de pied. On entend Tom Ciotkowski dire « do not hit women » et prononcer un numéro de matricule. Puis Tom Ciotkowski, qui filme, est bousculé par le brigadier-chef et tombe seul à la renverse par-dessus le parapet côté route, au moment où passe un camion. Il est interpellé et placé en garde à vue.

Le procès-verbal de l’interpellation, dressé par le brigadier-chef qui avait porté plainte, tout comme les témoignages de ses deux subalternes, n’est pas le « reflet de la réalité ».

Les trois fonctionnaires seront jugés, sans doute début 2021, pour faux en écriture et le brigadier-chef également pour violences. Le parquet a reçu les conclusions de l’IGPN en février et décidé en avril du renvoi.

>> Lire aussi : Confinement : Les violences policières dans le viseur

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune