Un gouvernement à l’image du pays

 Un gouvernement à l’image du pays

CANADA


 


C’est un peu comme si en France, on nommait une femme voilée ministre de la culture. Ce mercredi 4 novembre, le fraîchement élu, tout nouveau Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a nommé Harjit Sajjan ministre de la Défense. Un poste régalien qu’occupe désormais ce Canadien d’origine indienne, qui arbore fièrement et ostensiblement (!) un turban, signe de la religion sikh à laquelle il appartient. Le Canada compte 460 000 Sikhs, soit 1,40 % de la population.


 


Harjit Sajjan a quitté l’Inde à l’âge de cinq ans avec ses parents pour le Canada. Il ne s’agit pas ici de « discrimination positive », ou de « caution », comme c’est parfois le cas en France, Harjit Sajjan a eu parcours impressionnant.


Ancien lieutenant-colonel des forces armées, il a également servi en Bosnie et en Afghanistan. Le nouveau ministre de la Défense a par ailleurs fait ses armes dans l’unité spéciale sur les gangs de la police de Vancouver.


Hormis la nomination d’Harjit Sajjan, le nouveau Premier ministre canadien, Justin Trudeau, membre du parti libéral (centriste) a également formé un gouvernement où siègent autant de femmes que d'hommes. En totale rupture avec une décennie de pouvoir conservateur.


Le nouveau ministre canadien de la Défense a du pain sur la planche. Il va devoir défendre la décision de l’arrêt des frappes aériennes canadiennes contre Daech en Irak et en Syrie aux côtés de la coalition internationale, une promesse de campagne de Justin Trudeau …


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.