Chroniques à Budapest : L’exploit de Fatima Ezzahra Gardadi

 Chroniques à Budapest : L’exploit de Fatima Ezzahra Gardadi

crédit photo : Antonin THUILLIER / AFP

Notre journaliste Nadir Dendoune couvre les championnats du monde d’athlétisme à Budapest. Il a assisté à la 3ème place de la marocaine, Fatima Ezzahra Gardadi sur le marathon féminin

C’est un exploit. Pour la première fois, une Marocaine, monte sur un podium du marathon femmes aux Championnats du monde d’athlétisme. Fatima Ezzahara Gardadi (2 h 25 min 17 s), pourtant peu expérimentée sur la distance, remporte la médaille de bronze, derrière les Éthiopiennes Amane Beriso Shankule (2 h 24 min 23 s) et Gotytom Gebreslase, championne du monde en 2022 (2 h 24 min 34 s).
Il est 7h ce dimanche 26 août quand les 78 athlètes s’élancent. Il fait déjà chaud et très humide. Présente dans le groupe de tête jusqu’à dix kilomètres de l’arrivée, Fatima Ezzahra Gardadi, ancienne championne du Maroc du 5 000 m a su garder son calme alors qu’elle est distancée par la tête de course. Au 35ème kilomètre, elle est alors sixième à 25 secondes de la leader, Amane Beriso Shankule. Peu pense qu’elle peut rejoindre la tête de course. Sauf elle ! Elle revient alors au train, calmement en gardant son rythme et sa foulée, sur Yalemzerf Yehualaw, la troisième éthiopienne en perdition totale, qui sauvera in-extremis sa 4e place.
Première marocaine et arabe à remporter un Marathon aux championnats du monde 
« Je suis très contente, je n’imaginais même pas terminer sur le podium mais j’ai réussi à le faire. Je suis trop fière. C’est la tête qui a fait la différence. Cette médaille représente beaucoup pour moi et aussi pour le peuple marocain », a réagi Fatima Ezzahra Gardadi après son exploit.
Fatima Ezzahra Gardadi offre au Maroc sa deuxième médaille après le sacre sur 3000m steeple de Soufiane El-Bakkali. Le Maroc occupe la 13e place, à égalité avec le Japon et la Grèce. La médaille de bronze de Fatima Ezzahra Gardadi tombe à pic, à moins d’un an des Jeux Olympiques de Paris.
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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.