Cinéma « Chroniques de Téhéran » De Ali Asgari, Alireza Khatami  

 Cinéma « Chroniques de Téhéran » De Ali Asgari, Alireza Khatami   

Ce ne sont pas des militants, ni des opposants, juste des citoyens qui aspirent à vivre normalement et qui résistent, malgré tout

Dans tous les salles en France depuis le 13 mars, « Chroniques de Téhéran ». Un film à séquences qui explore la dynamique du pouvoir dans la société iranienne contemporaine dont une grande partie aspire à vivre « normalement ».

 

« Chroniques de Téhéran », le film est une suite de neuf scènes d’Ali Asgari et Alireza Khatami, il a été projeté à Cannes dans la section Un certain regard, en mai 2023.

À travers des tableaux réalistes, souvent drôles et absurdes, Ali AsgariAlireza Khatami tentent de saisir l’impact de la politique et du pouvoir sur des Iraniens « normaux », au sein d’un système verrouillé. Ce ne sont pas des militants, ni des opposants, juste des citoyens qui aspirent à vivre normalement et qui résistent, malgré tout.

Sous un régime totalitaire qui contrôle les aspects personnels de la vie des gens, ce dilemme entre le désir de liberté et le contrôle continu de l’Etat est mis en lumière, à travers des scènes de vie ordinaires.

Un homme déclare la naissance de son fils. Une mère habille sa fille pour la rentrée. Une élève est convoquée par la directrice. Une jeune femme conteste une contravention. Une jeune fille se présente à un entretien d’embauche. Un jeune homme vient retirer son permis de conduire. Un homme au chômage répond à une annonce. Un réalisateur demande une autorisation de tournage. Une femme cherche à retrouver son chien. Neuf visages différents de la vie quotidienne à Téhéran.

Chaque acteur pensait tourner un court-métrage

Cette réglementation omniprésente s’infiltre dans la vie des individus, éradiquant l’espace privé où la résistance ou encore l’intimité pourraient s’épanouir. Coréalisé, l’opus montre les efforts déployés par les citoyens pour préserver des domaines privés dans lesquels ils peuvent encore défier l’État, malgré le régime oppressif.

Les réalisateurs disent qu’ils voulaient « placer les citoyens ordinaires au cœur du film. Le casting a été le plus compliqué que nous n’ayons jamais fait. Nous faisions de longues prises et nous voulions des performances nuancées qui puissent maintenir l’attention du public. Nous sommes très fiers de nos acteurs. Ils ont fait un travail remarquable » !

Avec Bahman ArkArghavan ShabaniServin Zabetiyan, chaque acteur pensait tourner un court-métrage. Aucun ne savait qu’il y aurait 9 histoires accolées les unes aux autres pour en faire un film poignant.

Mishka Gharbi