Colonisation du Congo : la Belgique veut « pacifier » sa mémoire

 Colonisation du Congo : la Belgique veut « pacifier » sa mémoire

André Flahaut (3e à gauche) et le maire de Bruxelles Philippe Close lors de l’ouverture de la place ‘Square Patrice Lumumba’ en juin 2018 à Bruxelles, en l’honneur de Patrice Emery Lumumba, héros de l’indépendance et premier dirigeant du Congo. BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

C’est une première dans l’histoire belge. Le roi Philippe a écrit une lettre d’excuses pour la colonisation du Congo au président de la RDC, pour les 60 ans de l’indépendance du pays africain.

La Belgique semble désormais vouloir assumer son passé de colonisation du Congo. Nous sommes en 2020 et le roi belge vient d’adresser une lettre d’excuse au président de la République Démocratique du Congo. Le souverain y exprime pour la première fois des « excuses », et ce à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de l’ex-Zaïre. Dans cette missive, le roi Philippe affiche son intention de « combattre toutes les formes de racisme » et encourage « la réflexion qui est entamée par notre parlement afin que notre mémoire soit définitivement pacifiée ».

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Poids sur la mémoire collective

« Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore présentes dans nos sociétés », a écrit le roi de Belgique, « À l’époque de l’État indépendant du Congo, des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective. (…) La période coloniale qui a suivi a également causé des souffrances et des humiliations », poursuit-il. Le mouvement mondial de lutte contre le racisme a secoué le royaume belge en provoquant notamment des séries de « déboulonnages » de statues du roi Léopold II, jugé pour beaucoup responsable de la mort de millions de Congolais.

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Chloe Juhel

Chloe Juhel