Conditions d’utilisation Whatsapp : Ce qui va changer à partir du 15 mai

 Conditions d’utilisation Whatsapp : Ce qui va changer à partir du 15 mai

(crédit photo : Jaap Arriens / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Si vous êtes comme les 2 milliards d’utilisateurs de l’application Whatsapp de la planète, vous avez du recevoir un nouveau message sur la politique de confidentialité. Après une première tentative décriée, celle-ci va changer le 15 mai. Explications des 20 pages auprès de 2 experts (Me Claire Poirson, avocate associée au sein du cabinet BERSAY et Benoit Grunemwald, expert en cybersécurité chez ESET)

En janvier dernier, la planète est en colère. Whatsapp, une des applications les plus aimées sur le web (par près de 2 milliards d’individus) voulait changer sa politique d’utilisation. Levée de boucliers, menaces de quitter l’application, procédures, etc..

D’autant que l’application avait été acquise par le GAFA, Facebook en 2014 pour un montant de 16 milliards de dollars. Aussi, certains ont crié à l’intrusion. D’autres y ont vu malice, notamment au fur et à mesure que l’on apprenait les turpitudes de son créateur, Mark Zuckenberg et de l’affaire Cambridge Analytica. Forcément, les nouvelles règles sont alors scrutées de près.

>>Lire aussi : Certificat vert numérique : données personnelles en sécurité ? 

Vos données au coeur des changements

Le premier point de changement est la possibilité qu’auront les utilisateurs de Whatsapp pour interagir avec les entreprises pour poser des questions, passer commande ou obtenir des informations. Sous l’aspect plus rapide et plus fonctionnel, cela permet à Facebook de vous envoyer des publicités ciblées. Par exemple, vous achetez auprès d’une compagnie aérienne un billet pour le Maroc par Whatsapp, Facebook garde les données pour vous faire des propositions ciblées quand elle le désire. Sur ce point, Google avait été sanctionné en janvier 2019 pour des techniques de “renvoi” à des pages d’aides. Il n’est pas exclu que cela se reproduise de nouveau avec Whatsapp

Souvent rébarbatives et longues, les conditions d’utilisation et de confidentialité constituent le cadre des utilisateurs et de l’entreprise. Dans ses nouvelles conditions, Whatsapp explique les services mises en place, les engagements qu’elle prend et les limitations de ses responsabilités. Elle affirme aussi ce qu’elle fait de notre “or intellectuel”, nos données. Et sur ce point, il risque d’y avoir un blocage de la part des autorités.

En effet, les conditions des RGPD (fameuses règles européennes de protection des données) doivent être respectées. Une question nous taraude sur ce sujet : qui lit sincèrement et vraiment les conditions d’utilisations et de confidentialité ? Une vingtaine de pages, écrite dans un charabia technique et juridique, qui “contraint” les utilisateurs d’accepter au plus vite, plutôt que de s’y pencher un peu longuement.

Quelque soit l’Etat de l’UE, il faut que le consentement soit “libre et éclairé”. Pas sûr que tout le monde acquiert vraiment ce qu’on lui demande et surtout que l’utilisation de l’application ne soit pas conditionnée au niveau des services par le non-consentement.

>>Lire aussi : Fabrizio Delage Paganini transforme en or les données agricoles

Ne vous laissez pas faire, soyez proactif

Du coup, quelle est la marge d’action des utilisateurs ? Pouvons-nous nous protéger et protéger notre vie privée ? La première des actions à avoir pour son téléphone est de vérifier la sécurité et la protection de l’accès de son smartphone. En effet, pour éviter toute usurpation d’identité, il faut protéger l’accès par une authentification à deux facteurs. Whatsapp étant liée au numéro de téléphone, il faut aussi paramétrer dans l’application votre confidentialité au sein de Whatsapp par rapport aux autres utilisateurs.

La sécurité doit être le maitre mot : Faites attention à tous les messages vous promettant cadeaux, bonus ou autres fonctionnalités. Le but des cyber-délinquants est de vous faire sortir de l’application pour des sites externes. Soyez vigilant pour vos informations personnelles. Plus l’utilisateur a une bonne “hygiène informatique” sur Whatsapp, plus il maximise ses chances d’éviter les ennuis. Protégez avec des authentification fortes (plusieurs facteurs). Utilisez des logiciels pour la sécurité. Faites attention à toutes les applications nouvelles en gardant un esprit critique.

>>Lire aussi : Les données médicales de près de 500.000 personnes ont fuité

Signal en plein boom

On a souvent tendance à dire que lorsqu’une application est gratuite, c’est que “vous” êtes le produit. Alors, rendez vous cher. Sécurisez et affinez votre consentement sur Whatsapp le plus possible.

Si vous n’êtes pas convaincus de garder Whatsapp, des alternatives existent. Depuis l”annonce d’Elon Musk le 7 janvier 2021 demandant à ses abonnés de passer sur l’application Signal, celle-ci a connu un boom incroyable. Près de 47 millions de téléchargements en quelques semaines !

Gratuite, elle est développée par Signal Messenger et distribuée en logiciel libre et open source. Elle collecte très peu de données personnelles. Très sécurisée, même le lanceur d’alerte, Edward Snowden la recommande pour échapper aux programmes de surveillance massive. En effet, l’application ne requiert en tant que métadonnées “seulement” le numéro de téléphone, la date et l’heure.

 

 

 

Yassir GUELZIM

Journaliste Print et web au Courrier de l'Atlas depuis 2017. Ancien de RFI, LCI, France Inter. Producteur et réalisateur (Arte Reportage, France24, France tv).