Douarnenez, capitale de l’Algérie…

 Douarnenez, capitale de l’Algérie…

Le festival de cinéma de Douardenez


« Les Algériens remercient Douarnenez », ce sont par ces mots remplis d’amour que le chanteur de Raï Sofiane Saidi a conclu avec panache et sous les acclamations du public son concert de folie ce samedi 24 août, marquant par la même occasion la fin du festival. Avant lui, le groupe algérois de rap Diaz, par la voix de son chanteur vedette Farid Belhoul, clamait haut et fort : « Bretons, kabyles, algériens, nous sommes tous ensemble ». 


Il est vrai que pendant une semaine, du 17 au 24 août, flottait dans cette petite ville du Finistère de 14 000 habitants un doux parfum de solidarité et de fraternité algéro-bretonne. Une accalmie, le temps d’un répit…


La 42e édition du festival de cinéma de Douarnenez a été une réussite sur tous les plans. Du monde. Beaucoup de monde. « On a battu tous les records », s’enthousiasmaient déjà plusieurs bénévoles ce dimanche. L’une d’entre elles : « Je viens au festival depuis plus de 30 ans et je n’avais jamais vu une telle affluence ». 


L’excellent choix de cette année, l’Algérie (qui vit sa Révolution) mais aussi la bonne météo, du soleil quasiment tous les jours sauf le premier samedi (17 août), très pluvieux, et une programmation de qualité expliquent en grande partie le succès de cette édition. « On a bien travaillé en amont pour offrir aux spectateurs une grande variété du cinéma algérien », témoigne Olivier Hadouche, historien du cinéma, une encyclopédie à lui tout seul. « On ne voulait pas juste montrer le travail des réalisateurs algériens connus », rappelle-t-il. 


150 projections ont eu lieu et beaucoup d’entre elles ont dû refuser du monde, créant parfois des tensions et de l'exaspération chez les festivaliers.


« Parfois, il fallait faire la queue plus d’une heure et demie pour avoir la chance de voir un film », raconte Nadia venue de la région parisienne avec d’autres copines. « On n’a pas tout perdu puisque ces longues attentes nous ont permis aussi parfois d'échanger et d'avoir des discussions intéressantes avec les locaux », tempère-t-elle. « Être kabyle à Douardenez, c’était un avantage », tient à préciser la jeune femme.  


« Les Bretons, on les appelle les Berbères de France ! », confirme Louis, habitant sexagénaire de Douardenez. « On s’est senti toujours très proches des peuples berbères. Comme eux, nous nous battons pour la reconnaissance de notre langue et de notre culture dans notre propre pays ».


Les débats qui avaient lieu le matin ont également fait salle comble. Idem pour les concerts du soir. Le choix du pays pour la 43e édition n’a pas encore été décidé mais des bruits de couloirs mettaient la Suisse et La Louisiane en pole position. Réponse le mois prochain, en septembre. 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.