Daech : le Maroc démantèle une cellule terroriste prête à frapper

 Daech : le Maroc démantèle une cellule terroriste prête à frapper

Des agents du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) et de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) participent à une opération antiterroriste à Tanger, le 6 octobre 2021. © AFP

Le Maroc a déjoué un projet d’attentat attribué à l’organisation État islamique (Daech). Les services de sécurité ont arrêté dix personnes soupçonnées d’appartenir à une cellule terroriste active dans plusieurs villes du royaume. Les enquêteurs ont notamment découvert un véhicule piégé, des explosifs artisanaux et du matériel destiné à préparer des attaques.

En bref

  • Les autorités marocaines annoncent avoir déjoué un projet d’attentat lié à Daech.
  • Dix suspects ont été arrêtés dans plusieurs villes du royaume.
  • Les enquêteurs ont découvert un véhicule aménagé pour une attaque et du matériel explosif.
  • Selon le BCIJ, la cellule recevait des consignes de la branche sahélienne de Daech.
  • L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices.

Une vaste opération antiterroriste dans plusieurs villes

Les services de sécurité ont déjoué un projet terroriste extrêmement dangereux à un stade avancé de préparation. Selon les autorités, des extrémistes bénéficiaient d’un appui logistique et d’un soutien opérationnel de la branche terroriste de Daech dans la région du Sahel. Leur objectif était de porter gravement atteinte à l’ordre public ainsi qu’à la sécurité des personnes et des biens.

L’opération, menée par le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), lundi 6 juillet, sur la base d’informations précises fournies par les services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), a mobilisé les éléments de la force spéciale de la DGST. Les interventions et les arrestations se sont déroulées simultanément à Agadir, Taroudant, Casablanca, El Hajeb, Tétouan, Fquih Ben Salah et Safi. Elles sont intervenues après plusieurs opérations de filature et d’investigation menées par les officiers chargés de recueillir et d’analyser les renseignements concernant cette cellule terroriste, indique un communiqué du BCIJ.

Les forces de sécurité ont interpellé dix extrémistes soupçonnés d’être impliqués dans ce projet terroriste, dont les ramifications s’étendent à plusieurs villes du Maroc, souligne la même source. Parmi eux figurent un ancien détenu poursuivi dans le cadre de la loi antiterroriste ainsi qu’un mineur.

Aussitôt les interpellations terminées, les officiers du BCIJ ont procédé à des perquisitions dans les domiciles des suspects, après avoir accompli toutes les formalités légales et les garanties procédurales. Avec l’appui des unités cynophiles de la Sûreté nationale, ils ont saisi des armes blanches ainsi que du matériel destiné à la préparation de projets terroristes.

Un véhicule aménagé pour une attaque et du matériel explosif saisis

Les perquisitions ont également permis de saisir des tenues militaires et des manuscrits à caractère extrémiste expliquant en détail les procédés de fabrication d’engins explosifs. Les enquêteurs ont aussi découvert des supports numériques et des contenus visuels, dont deux enregistrements comprenant un texte d’allégeance à Daech et des menaces explicites de perpétration d’actes subversifs à l’intérieur du Maroc.

Dans le cadre de la poursuite des opérations, une perquisition menée dans un entrepôt à Inezgane a permis de découvrir un véhicule 4×4 dont le réservoir avait été modifié afin de fonctionner au gaz butane. Selon les autorités, ce véhicule devait servir à commettre un attentat suicide ou une attaque à la voiture-bélier contre des cibles et des installations sensibles.

Les autorités ont immédiatement activé un protocole de sécurité prévoyant l’évacuation des habitants vivant à proximité de l’entrepôt. Une équipe spécialisée dans le déminage de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a ensuite procédé à une inspection minutieuse du véhicule à l’aide de robots téléguidés et de capteurs de haute précision afin d’en évaluer la dangerosité.

La perquisition de l’entrepôt a également permis de saisir plusieurs bonbonnes de gaz butane, des autocuiseurs, dont certains remplis de clous et reliés à des câbles électriques, un poste à souder, des interrupteurs électriques, de petites ampoules ainsi qu’une quantité de substances chimiques solides et liquides. Ces produits feront l’objet d’expertises techniques et scientifiques afin d’en déterminer la composition et l’usage auquel ils étaient destinés.

Des liens avec la branche sahélienne de Daech

Les informations recueillies par les services de renseignement, appuyées par les investigations de terrain et les expertises techniques, ont révélé que les membres de cette cellule terroriste avaient prêté allégeance au prétendu calife de Daech, indique le communiqué.

Selon la même source, ils avaient récemment reçu des directives et établi des contacts directs avec certains dirigeants de la branche de l’organisation dans la région sahélo-saharienne. Ces derniers leur auraient demandé de rester au Maroc afin d’y exécuter leur agenda terroriste et subversif, tout en reportant leur départ vers les bastions de l’organisation à l’étranger.

Une cellule organisée pour préparer des attaques

Les investigations ont également révélé que « l’émir » de cette cellule avait réparti les rôles entre ses membres conformément aux directives de Daech, précise le BCIJ.

Certains membres étaient chargés de sélectionner les cibles, d’autres d’assurer les opérations de repérage, de reconnaissance et de surveillance. Un troisième groupe devait acquérir les substances et le matériel nécessaires à l’exécution des projets terroristes.

Vos questions sur la cellule terroriste au Maroc

Que s’est-il passé au Maroc ?

Les autorités marocaines annoncent avoir démantelé une cellule terroriste liée à Daech et déjoué un projet d’attentat.

Quel est le nombre d’arrestations ?

Le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) a interpellé dix suspects dans plusieurs villes du Maroc.

Qu’ont découvert les enquêteurs ?

Ils ont saisi notamment un véhicule modifié, des bonbonnes de gaz, des autocuiseurs, des substances chimiques, des armes blanches et du matériel destiné, selon les autorités, à préparer des attaques.

Quel était le lien avec Daech ?

Selon le BCIJ, les membres de la cellule avaient prêté allégeance à Daech et entretenaient des contacts avec la branche de l’organisation implantée dans la région sahélo-saharienne.

 

Mohamed El Hamraoui