Darmanin veut des « assises » de l’islam excluant trois fédérations, dont Millî Görüs

 Darmanin veut des « assises » de l’islam excluant trois fédérations, dont Millî Görüs

Avec ses 19 articles, le projet de loi vise principalement à « actualiser », voire renforcer l’arsenal antiterroriste.

Gérald Darmanin a demandé aux préfets d’organiser « prochainement » des « assises territoriales avec les acteurs de l’islam ». Il leur a en même temps enjoint d’exclure l’association Millî Görüs et deux fédérations n’ayant pas signé « la Charte des principes de l’islam de France ».

« Nous vous demandons de ne pas inviter aux assises territoriales avec les acteurs de l’islam de France que vous organiserez prochainement les fédérations ou structures affiliées qui ont explicitement refusé d’adhérer aux principes posés par la charte », écrit le ministre de l’Intérieur dans une lettre adressée aux préfets, dont l’AFP a eu copie mercredi.

En janvier, cette fédération, ainsi que le Comité de coordination des musulmans turcs de France, et le mouvement Foi et Pratique, proche des prédicateurs rigoristes du Tabligh ont refusé, au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM), de signer la « Charte des principes de l’islam de France ». L’association Millî Görüs est par ailleurs au coeur d’une polémique en raison du possible financement du chantier de sa mosquée par la mairie de Strasbourg.

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Fortement poussé par Emmanuel Macron dans sa lutte contre le « séparatisme », ce texte dénonce notamment « l’instrumentalisation » politique de l’islam, proscrit « l’ingérence » d’États étrangers dans le culte en France et réaffirme la « compatibilité » de la foi musulmane avec la République.

 

Nouvelle représentation locale de l’islam en France

La non-ratification de cette charte provoque une forte crise interne au sein du CFCM. Quatre autres fédérations ont quitté la semaine dernière une partie des instances du Conseil qui est le principal interlocuteur des pouvoirs publics.

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Dans la foulée, l’entourage du ministre avait laissé entendre qu’il allait mettre en place, en lien avec les préfets, des « assises » avec les acteurs du culte musulman. Le but est de faire émerger une nouvelle représentation et organisation de l’islam en France passant par les acteurs locaux.

Le président du CFCM Mohammed Moussaoui plaide depuis deux ans pour une réforme. Il a récemment prôné d’« accélérer la création de nouveaux Conseils départementaux du culte musulman (CDCM), partout sur le territoire » afin de « faire émerger une nouvelle instance représentative ».

Des assises avaient déjà eu lieu en septembre 2018, mises en place par Gérard Collomb, alors ministre de l’Intérieur.

Rached Cherif