Mohammed Assaf, le chantre de Gaza

 Mohammed Assaf, le chantre de Gaza

crédit photo : Alexandre Schneider/Getty Images/AFP


Le petit chanteur de mariages est désormais une star internationale et un ambassadeur de la culture et des arts. Du camp de réfugiés de Khan Younis aux scènes mondiales, le fabuleux itinéraire d’un Palestinien qui n’a pas oublié d’où il vient. 


Le public le découvre en 2013 lors du casting cairote de la deuxième saison d’Arab Idol (l’équivalent de Nouvelle star), diffusé sur la chaîne panarabe MBC 1. Le jeune homme de 24 ans explique alors au jury, fort surpris, être arrivé de Gaza le matin même au terme d’un périple de quarante-huit heures… En prenant le risque de se rendre en Egypte pour participer à cette émission, Mohammed Assaf n’était pas sûr de pouvoir retourner chez lui, en Palestine.


 


Des milliers de Gazaouis descendent dans la rue


A son insu, il symbolise déjà toutes les restrictions qui pèsent sur la vie des Palestiniens. Son talent brut et son humilité font de lui la coqueluche du programme. Ses concitoyens sont heureux que l’un d’entre eux soit médiatisé ailleurs que dans les pages “actualités internationales”. Les posters de Mohammed Assaf fleurissent partout dans les Territoires occupés ornant jusqu’aux façades des immeubles. Tout au long de la diffusion des émissions, il ne manque pas une occasion de montrer son amour et son attachement à la Palestine à travers le choix de ses chansons et le port du keffieh qu’il brandit à maintes reprises. La star libanaise, Ragheb Alama, membre du jury, le baptise “Asaroukh” (“la fusée”) que certains médias internationaux traduisent “la roquette”…


C’est avec la très patriotique chanson, Alli al kouffia (littéralement, “brandit le Keffieh”), qu’il remporte le télé-crochet. Sa victoire est un événement fort. Des milliers de Gazaouis descendent dans la rue. L’enfant du pays est nommé ambassadeur de bonne volonté pour la paix par l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). L’idole arabe est désormais titulaire d’un passeport diplomatique qui lui permet de voyager partout ! Il tient sa revanche, lui qui a grandi dans le camp de réfugiés de Khan Younis (Gaza) où il fréquentait justement l’école primaire de l’UNRWA. Il a 4 ans lorsqu’il emménage à Gaza avec sa famille qui quitte Misrata, en Libye, où il est né en 1989 de parents réfugiés palestiniens.


 


Un film pour retracer son incroyable histoire


En 2014, il est consacré meilleur artiste du Moyen-Orient lors des MTV Europe Music Awards. L’année suivante, le réalisateur Hany Abu-Assad (Paradise now), retrace son fabuleux destin dans Le chanteur de Gaza. L’histoire se déroule entre 2012 et 2014 alors que les bombes pleuvent sur ce territoire. C’est d’ailleurs une des premières productions internationales tournées à Gaza. Le film sort en 2017 en Europe. Son parcours émeut et humanise le regard que le grand public pose sur le conflit israélo-palestinien.


Artiste engagé, il poste en avril 2017 sur Instagram une photo de lui en train de boire un verre d’eau salée pour le “Salt Water Challenge”. Un défi lancé par le fils du leader Marwan Barghouti en soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim dans les geôles israéliennes.


MAGAZINE FEVRIER 2018


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