Vivre ensemble

 Vivre ensemble

crédit photo : Stéphane Ouzounoff / Photononstop / AFP


MAGAZINE JANVIER 2017


Une fois n’est pas coutume, nous tenions à remercier, dans ce dossier, Edwy Plenel, Edgar Morin, Pascal Boniface, Thomas Guénolé, Dominique Schnapper ou encore Nathalie Goulet. Bien sûr, on en oublie, et nous avons choisi ici de ne citer que les plus médiatiques. En notre for intérieur, nous savons que la vague du vivre-ensemble est plus importante que certains ­médias veulent nous le faire croire.


Le moment est propice pour en parler, à l’heure où certains piétinent ce concept à coups de déclarations à l’emporte-pièce. Le vivre-ensemble n’est pas une utopie. C’est notre avenir. Ce vers quoi nous cheminons. Alors, comment se taire face aux provocations incessantes de ces moralisateurs s’arrogeant une autorité qu’ils n’ont pas et insultant sans vergogne des pans ­entiers de la société française ?


Les exemples, ces dernières semaines, sont légion : l’ancien ministre des Transports Dominique Bussereau qui traite les banlieusards de “peuple de Saint-Denis” ; le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, qui veut interdire aux mères voilées d’accompagner leurs enfants lors de sorties scolaires, alors même que le Conseil d’Etat a été particulièrement clair sur la question ; cette députée LREM qui humilie les pauvres en se plaignant de gagner seulement 5 000 euros par mois et de “manger pas mal de pâtes”. Sans oublier le philosophe de salon Alain Finkielkraut lorsqu’il évoque le “peuple non-souchien” qui n’aurait pas assisté aux funérailles de Johnny Halliday.


Un autre son de cloche


Le but est toujours le même : vendre du papier, faire du clic avec de fausses polémiques comme celle opposant Edwy Plenel, le directeur de Mediapart, à Riss, le dessinateur de Charlie Hebdo sur fond d’affaire Tariq Ramadan. Il en va de même avec l’hebdomadaire Marianne qui s’acharne sur l’humoriste Yassine ­Belattar – à qui nous apportons notre plein soutien –, l’accusant à mots couverts d’attenter au modèle républicain et laïc.


Derrière ces attaques incessantes se cachent des paradigmes clairement établis par les néoconservateurs et leur croyance en un “choc des civilisations” défendu par l’Américain Samuel Huntington. Pour eux, un seul mot d’ordre : ne pas être différent. Ne pas être femme, juif, musulman, pauvre, etc. Au final, ne pas être minoritaire ! Ne nous méprenons pas. C’est la ­République qui est attaquée. Les provocateurs “communautaristes” brandissent la liberté comme étendard, oubliant que dans la devise française, les mots égalité et fraternité ont autant de sens que le premier.


Aussi, nous voulions nous faire l’écho d’un autre son de cloche. De ces Français et Françaises qui appellent à vivre ensemble, à réfléchir à demain, à la compréhension de l’autre et à son humanité. A celles et ceux de tous bords politiques, qui, par leurs mots et leurs prises de position, font honneur à ce pays qui ­portera, grâce à eux, le nom éternel de “patrie des droits de l’homme”


La suite du dossier :


Edwy Plenel, figure emblématique du vivre ensemble


Vincent Geiser défend le "faire ensemble"


Les artisans de la fraternité


Pascal Boniface éplinge les "experts en mensonges"


"Halte à la diabolisation !" lance Thomas Guénolé


Stigmatisée, la banlieue résiste


Un modèle politique en panne

Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.