Donald Trump donne son feu vert pour déporter des millions de sans-papiers

 Donald Trump donne son feu vert pour déporter des millions de sans-papiers

OLIVIER DOULIERY / DPA


Ce mercredi 22 février, soit près d'un mois après sa promesse, Donald Trump a mis à exécution son décret du 25 janvier, l'un des premiers qu'il a signés quand il est devenu président des États-Unis, pour expulser les 11 millions de sans-papiers présents sur le territoire.



 


Ceux qui bénéficiaient alors de l'indulgence des autorités américaines sous l'administration Obama sont désormais prévenus. Le département de la Sécurité intérieure a autorisé ses agents d'immigration et de douane à interpeller les personnes en situation irrégulière qu'ils rencontreraient dans l'exercice de leurs fonctions.



Seuls les sans-papiers arrivés enfants sur le territoire, ceux que l'on surnomme les "Dreamers" ne devraient pas être inquiétés. 



L'administration américaine définit sept niveaux de priorité pour les expulsions de sans-papiers, à commencer par ceux condamnés pour des délits ou des crimes. Mais la liste inclut aussi ceux qui sont simplement accusés de délits, et laisse à la libre appréciation des fonctionnaires l'évaluation du danger posé par un sans-papier à l'ordre public ou à la sécurité nationale.



"A de très rares exceptions, le département n'exemptera aucune catégorie d'étrangers expulsables", explique l'administration. "Tous ceux qui ont violé les lois d'immigration peuvent faire l'objet de poursuites pouvant allant jusqu'à l'expulsion des Etats-Unis".



L'embauche de 5000 agents des douanes et 10.000 agents d'immigration doit permettre d'accélérer la répression promise contre l'immigration clandestine.



La mauvaise nouvelle a intensifié les craintes des immigrés sans-papiers à travers le pays, alors que des cas récents d'arrestations en pleine rue ont semé le trouble parmi ceux qui s'estimaient jusqu'à présent immunisés contre une expulsion. Près de Washington, des agents des services d'immigration (ICE) ont arrêté ces dernières semaines des personnes en situation irrégulière sur le parking d'un supermarché, ou encore près d'un refuge contre le froid géré par une église. A Denver, une femme s'est réfugiée à l'intérieur d'une église pour échapper à un ordre d'expulsion.



"Ce dramatique changement de politique est une preuve évidente de l'intérêt de l'administration Trump à déchirer des familles et à répandre la peur parmi les communautés d'immigrants", a pointé le maire de New York Bill de Blasio. "Le président a choisi les politiques de la division plutôt que la sécurité de notre pays", a-t-il ajouté, prévenant que les policiers new-yorkais "ne se transformeront pas en agents d'immigration".



L'opposition démocrate au Congrès et les associations de défense des sans-papiers ont dénoncé une politique "d'expulsions de masse", un terme contesté par l'exécutif. Ils affirment que des immigrés cesseront d'aller à l'école ou au travail par peur d'une arrestation. "Les tribunaux et le public ne laisseront pas ce rêve anti-américain devenir réalité", a prévenu Omar Jadwat, de l'ONG de défense des droits civiques ACLU.


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.