Fête de la musique : la Préfecture de police interdit le concert organisé par LFI

 Fête de la musique : la Préfecture de police interdit le concert organisé par LFI

Le concert organisé par le parti à l’occasion de la Fête de la musique, prévu le 21 juin 2026 place de la République à Paris, a été interdit par la Préfecture de police. © Sylvain THOMAS / AFP

Hier soir (17 juin), La France insoumise apprenait l’interdiction de son concert et a immédiatement annoncé un recours devant le tribunal administratif.

Événement interdit. La Préfecture de police a publié un arrêté, hier (17 juin), annonçant l’interdiction du concert prévu par LFI à l’occasion de la Fête de la musique (21 juin).

Manuel Bompard, coordinateur du parti, déplorait une telle décision alors que, l’an dernier à la même occasion, le concert qui avait pris place aux abords du canal Saint-Martin s’était « parfaitement déroulé », selon lui.

Cette année, LFI avait informé la préfecture de la tenue du concert place de la République, par deux courriers le 21 avril et le 5 mai.

Pour le coordinateur de LFI, la Préfecture de police a été influencée par des personnalités qui accusaient le parti de vouloir « privatiser la Fête de la musique » : « En début de semaine, après l’annonce de cette nouvelle édition, une campagne a été engagée par le président du CRIF et relayée par le maire PS de Paris Centre pour obtenir son interdiction ».

Jean-Luc Mélenchon, leader du parti, était sur la même longueur d’onde dans une publication sur X, hier soir (17 juin) : « Cette décision de dernière minute, prise sous la pression de groupes et d’individus se déclarant publiquement politiquement hostiles à La France insoumise, est un scandale démocratique grave en période électorale ».

Invités problématiques ?

Dans son arrêté, la Préfecture de police justifie son interdiction par la venue à ce concert de personnalités qui seraient problématiques. Ainsi, le rappeur Médine est pointé pour son « soutien sans équivoque à Dieudonné », plusieurs fois condamné pour provocation à la haine raciale.

Autre personnalité visée, Assa Traoré, fondatrice du Comité Adama, qui appellerait à s’en prendre aux forces de l’ordre. « L’événement risque d’attirer un public particulièrement hostile aux forces de l’ordre et de donner lieu à la diffusion de propos appelant à la haine, à la discrimination ou à la violence envers les institutions », détaille l’arrêté.

En outre, « cet événement intervient dans un contexte politique très polarisé, notamment à l’approche de la prochaine élection présidentielle », précise la Préfecture de police, qui craint des « velléités d’affrontements ».

« Un arrêté d’interdiction dont le contenu est totalement diffamatoire », s’insurgeait Manuel Bompard. Le coordinateur de LFI rappelait qu’aucun des artistes ou personnalités cités dans l’arrêté ne figurait dans la programmation du concert.

« Agenda politique »

Dans sa déclaration sur X, Jean-Luc Mélenchon citait les responsables, selon lui, de l’interdiction de cet événement : « Pourtant prévenu depuis le mois d’avril, le préfet de police de Paris vient de prononcer un arrêté d’interdiction du concert gratuit des Insoumis (…) à la demande du président du CRIF, Yonathan Arfi, et du maire PS de l’arrondissement Paris Centre ».

Dans un message également posté sur X, lundi (15 juin), le président du CRIF s’étonnait de l’organisation d’un tel événement, place de la République, le soir de la Fête de la musique : « Ce soir-là, ce lieu symbolique ne devrait pas être la tribune d’un parti politique. Pour LFI, la musique n’est pas une fin, c’est un moyen, au service d’un agenda politique (…) Aucun parti politique ne devrait pouvoir détourner une fête populaire qui vise à rassembler les Français, pas à les diviser ».

Manuel Bompard a d’ores et déjà annoncé attaquer cet arrêté en référé devant le tribunal administratif.

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Charly Célinain

Charly Celinain est journaliste pour la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Il participe à la production d’articles et réalise des vidéos d’actualité et de décryptage pour le site et les réseaux sociaux du média.