Festival de Cannes: la provocation de la ministre israélienne de la Culture

 Festival de Cannes: la provocation de la ministre israélienne de la Culture

Festival de Cannes – 18 mai 2017 : Miri Regev


Comme si de rien n'était. Miri Regev, ministre de la Culture du gouvernement de Benjamin Netanyahu, le plus à droite de l'histoire d'Israël, s'est présentée mercredi soir à l'ouverture du festival dans une robe longue ivoire représentant dans sa partie inférieure un vaste panorama de Jérusalem et de sa Vieille ville, avec la coupole dorée caractéristique du Dôme du rocher. Un geste hautement politique.


Israël considère tout Jérusalem comme sa capitale indivisible, y compris donc la partie palestinienne (Jérusalem-Est) dont il s'est emparée en 1967, qu'il a annexée en 1980 et qu'il occupe depuis malgré les condamnations de la communauté internationale.


Les Palestiniens veulent établir à Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. Et c'est leur droit, puisque l'annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale : l'ONU considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé.


La robe de la propagande israélienne a donné lieu sur les réseaux sociaux à une foule de détournements. Un photomontage remplaçait le panorama au bas de la robe par un bombardement sur le territoire palestinien de la bande de Gaza, un autre lui substituait le mur en béton érigé par Israël et décrié par les Palestiniens comme le "mur de l'apartheid". Pas mieux.


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.