La famille de Yacine, mort à Aulnay-sous-Bois, conteste la version de la justice

 La famille de Yacine, mort à Aulnay-sous-Bois, conteste la version de la justice

Bilel Ben Kahla


Il a fallu attendre trois semaines pour que la famille de Yacine, retrouvé mort dans une cave près de son domicile à Aulnay-sous-Bois (93) le 14 septembre dernier, obtienne un premier rendez-vous avec le procureur de la République de Bobigny. Il aura lieu ce mercredi 4 octobre à 17h.


"Comme nous ne croyons pas en la version de la justice, nous avons décidé de nous rassembler devant le palais de justice de Bobigny. Hier (NDLR : lundi 2 octobre), au bout de 1h30 de mobilisation, le chef du bureau du procureur à appelé mon avocat pour lui annoncer la nouvelle", explique Bilel Ben Kahla, le frère aîné de la victime.


"J'espère qu'on va enfin pouvoir accéder au rapport d'autopsie et à tous les éléments de l'enquête", souffle-t-il dépité.


Le 15 septembre, au lendemain de la mort de Yacine, l'autopsie révèle des lésions sur le corps et sur le visage ainsi que la présence de cocaïne dans le sang. Au vu de ces premiers éléments, le procureur exclut "à la grande surprise de la famille", la piste criminelle.


Le procureur ouvre alors une enquête pour homicide involontaire et trafic de stupéfiants. Pour la justice, Yacine serait donc mort d'une overdose. Pour la famille, il aurait été tué. 


"Mon frère n'était pas un consommateur de cocaïne", affirme Bilel, pour qui la présence de cette drogue dans le corps de Yacine, serait dû à "un empoisonnement".


Franck Lévy, son avocat renchérit  : "Outre un dépistage négatif aux stupéfiants en janvier 2017, depuis quelques semaines, Yacine suivait une formation pour devenir chauffeur poids lourds".


La famille ne croit d'autant plus en une mort par overdose après avoir découvert le corps de Yacine. "Son visage était rempli de lésions : un hématome important sur la tempe gauche, un autre sur la paupière droite, un enfoncement important sur le devant du front", raconte Bilel. Le corps n'est pas épargné non plus avec "des traces de lésions sur la cage thoracique, les cuisses et les mains".


Que s'est-il passé donc le 14 septembre ? Bilel raconte : "il était 1h du matin. Yacine était en compagnie de trois amis. Il devait en accompagner un à l'aéroport de Beauvais à 6h". 


Quelques heures plus tard, vers 10h, il sera retrouvé mort. "Il avait le pantalon baissé et il y avait une barre de fer à côté de son corps", témoigne encore Bilel. Pour lui, son frère n'avait aucune raison d'aller dans cette cave.


Bilel a déposé a déposé plainte, le 27 septembre, contre X pour les faits de meurtre dont a été victime son frère. Yacine, n'a toujours pas pu être enterré. Depuis le 14 septembre, son corps est à l'institut médico-légal…


Nadir Dendoune


 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.