Il y a 40 ans, la marche pour “l’égalité et contre le racisme” partait de Marseille

 Il y a 40 ans, la marche pour “l’égalité et contre le racisme” partait de Marseille

Les « marcheurs pour l’égalite et contre le racisme » arrivent le 02 décembre 1984 à Paris. Partis de 5 villes (Marseille, Toulouse, Strasbourg, Roubaix et Brest), ces jeunes ont convergé vers la capitale en mobylette.

Il y a 40 ans, en 1983, suite à une bavure policière, des jeunes du quartier de Vénissieux, banlieue lyonnaise, initient une marche pacifique pour “l’égalité et contre le racisme”. 

 

Partis de Marseille le 13 octobre 1983, dans une indifférence quasi générale, une trentaine de “marcheurs permanents” traversent la France en de nombreuses étapes. Lors de l’arrivée à Paris le 3 décembre, les marcheurs sont accompagnés de 100 000 personnes… Une marche qui donnera lieu à l’entrée en vigueur de la carte de séjour de dix ans.

Dans une banlieue lyonnaise, un soir de l’été 1983, Toumi Djaïdja, président de l’association SOS Avenir Minguettes, se fait tirer dessus par un policier. Une goutte d’eau qui fait déborder le vase déjà bien rempli : à l’époque, plusieurs crimes racistes alimentent la violence entre jeunes des quartiers populaires et policiers.

17 personnes, dont neuf originaires des Minguettes, décident d’organiser alors une marche pour “l’égalité et contre le racisme”. Le départ de cette marche est donné le 15 octobre du quartier de la Cayolle à Marseille, où vient de se produire le meurtre raciste d’un enfant de treize ans. Cortège qui s’agrandit au fil de la marche.

Le 3 décembre 1983, après 1.500 km d’effort sur le bitume, une quarantaine de « marcheurs permanents » arrivent à Paris. Un mouvement rebaptisé « Marche des Beurs » par le journal Libération. Il se termine avec un défilé de plus de 100 000 personnes.

Une délégation est reçue par le président de la République de l’époque, François Mitterrand. Il promet alors une carte de séjour et de travail valable dix ans, une loi contre les crimes racistes et un projet sur le vote des étrangers aux élections locales.

Depuis cette marche mémorable, la France a vécu la présidentielle de 2002 avec l’arrivée au second tour de Jean-Marie Le Pen. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, atteint aussi cette étape en 2017 et en 2022. Le parti présidé aujourd’hui par Jordan Bardella a 88 députés et 3 sénateurs.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.