Il y a dix ans, Fernand Tuil, l’initiateur des jumelages avec les villes palestiniennes disparaissait

 Il y a dix ans, Fernand Tuil, l’initiateur des jumelages avec les villes palestiniennes disparaissait

Fernand Tuil (C) aux côtés de Ahmed Muhaisen (1er à droite) habitant du camp de réfugiés de Deheisheh, Hael Al Fahoum, ambassadeur de Palestine à Tunis, Patrick le Hyaric, directeur de l’Humanité et conseiller municipal d’Aubervilliers et Noha Rashmawi ex-directrice de cabinet de l’ambassadeur de l’Autorité Palestinienne à Paris.

Il y a dix ans, le 24 décembre 2013, disparaissait à l’âge de 63 ans des suites d’une longue maladie, Fernand Tuil. Né d’une famille de Juifs tunisiens et arrivé en France à l’âge de quatre ans, c’est lui qui lança en 1989 le premier jumelage d’une ville française, Montataire (NDLR : banlieue de Creil), avec le camp de réfugiés palestiniens de Dheisheh, en Cisjordanie.

 

Aujourd’hui, grâce à ce premier jumelage, des dizaines de villes éparpillées sur tout le territoire français ont suivi cet exemple.

Fernand Tuil avait la Palestine chevillée au cœur. Un amour éternel pour cette terre qui le poussa à demander que ses cendres reposent au pied d’un olivier situé dans le camp de réfugiés palestiniens de Dheisheh, à quelques encablures de la ville de Bethléem. Un olivier millénaire que des colons israéliens avaient arraché avant que les locaux ne le replantent.

L’histoire d’amour avec la Palestine commence au début des années 80 avec un drame. Du 16 au 18 septembre 1982, alors que la guerre civile déchire le Liban, des milices chrétiennes, avec la complicité des autorités israéliennes, massacrent les populations palestiniennes vivant dans ces deux camps de réfugiés.

A cette sauvagerie sans nom, Fernand Tuil répondra par la camaraderie et l’entraide. Sept ans plus tard, il lance la campagne de jumelage des villes françaises et des camps de réfugiés palestiniens. En 1999, l’Association pour le Jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF) voit le jour, co-présidée par Fernand Tuil et Ahmed Muhaisen, habitant du camp de réfugiés de Deheisheh.

Ahmed Muhaisen écrivait au moment de la mort de son ami : « Pour Fernand, la Palestine n’était pas un événement dont on se souvient et que l’on commémore en certaines occasions, c’était une cause avec laquelle il vivait à chaque instant, qui l’accompagnait où qu’il aille, des rassemblements et manifestations populaires aux réunions politiques, aux rencontres officielles mais aussi lors d’échanges personnels autour d’un bon repas ».

En 2011, Fernand avait reçu la nationalité palestinienne en reconnaissance de son combat en faveur de la cause palestinienne.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.