L’ONU n’inclut pas Israël dans sa liste des pays qui tuent ou blessent des enfants

 L’ONU n’inclut pas Israël dans sa liste des pays qui tuent ou blessent des enfants

Ban Ki-moon. Chip Somodevilla/Getty Images/AFP


 


Sans surprise, l'ambassadeur d'Israël auprès de l'ONU Ron Prosor a fait part de sa satisfaction en apprenant la nouvelle. « Ban Ki-moon a eu raison de ne pas se soumettre au diktat d'organisations terroristes et d'Etats arabes, dans sa décision de ne pas inclure Israël à cette "liste de la honte", aux côtés d'organisations comme le groupe Etat islamique (EI), al-Qaïda ou les talibans ».


 


Ce lundi 9 juin, Ban Ki-Moon a donc décidé de ne pas ajouter Israël dans la liste des Nations Unies comprenant les organisations et les pays qui violent les droits des enfants. Dommage ! Il aurait pu se rappeler de l’opération « bordure protectrice » menée par l’armée israélienne en été dernier à Gaza où 539 enfants avaient été tués en moins de deux mois. Plus d’un millier d’entre eux avaient été également blessés. Le secrétaire général de l’ONU aurait surtout dû écouter les organisations de défense des droits de l’homme, dont Human Rights Watch, qui avaient pointé du doigt la responsabilité d’Israël dans le massacre de civils.


Publiée annuellement par les Nations unies, cette liste recense différents groupes armés dans le monde qui bafouent les droits des enfants, allant jusqu'à les tuer au cours de conflits ou encore en les recrutant pour les utiliser comme soldats sur les champs de bataille. Sont également ciblées les entités ayant commis des attaques contre des écoles et des hôpitaux, mais aussi celles reconnues coupables d'abus sexuels sur enfants. Disponible depuis lundi, la nouvelle liste remise à jour recense pas moins de 51 organisations ou pays, parmi lesquels figurent notamment la secte islamiste Boko Haram ou encore les combattants djihadistes de l'Etat Islamique.


Si l’entité sioniste se satisfait de cette décision, son image pourrait tout de même en pâtir, d'autant que Human Rights Watch (HRW) l'accuse d'avoir agi en coulisses afin d'éviter de se retrouver sur cette fameuse liste. Citant un article de nos confrères britanniques du Guardian, Bedd Sheppard, spécialisé dans les droits des enfants au sein de l'ONG, a effectivement rapporté que des "hauts fonctionnaires israéliens" auraient "fortement suggéré aux représentants de l'UNICEF en Israël et en Palestine d’annuler une réunion avec des organisations locales de la société civile", sous peine de "faire face à de graves conséquences". 


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.